Bruno m'a invité à pêcher le carnassier en float tube sur ses terres dans cette Corrèze sauvage.

Nous avons rendez-vous sur le lac de la Valette à Marcillac la Croisille. Le nom à lui seul laisse rêveur !

Je pars après sept heures. La voiture clignote en n'indiquant que trois degrés. La température vient de chuter de sept degrés depuis hier. L'automne, les poissons n'apprécient pas beaucoup les baisses rapides de températures.

Aujourd'hui le temps est gris. C'est un atout pour pêcher le sandre qui est lucifuge. Ses yeux lui permettent de voir dans la pénombre ainsi que dans l'obscurité. Il devrait donc être plus actif, ayant un atout supplémentaire par rapport sur ses proies.

J'arrive comme prévu à huit heure trente, Bruno est déjà là.

En descendant de la voiture, je suis saisi par le froid. L'étreinte des retrouvailles est chaleureuse.

Nous échangeons rapidement sur les options du jour. Devant ma confiance, il m'emmène sur une mise à l'eau d'un des bras du barrage. L'eau est claire.

Nous sortons notre matériel en échangeant sur les scenarii.

N'étant jamais venu sur ce vaste plan d'eau, je prend de nombreuses boites de leurre. Je prend trois cannes. Un ultra léger, un lancer léger et une canne casting médium. Elles me permettrons de faire face à toutes les situations. Nous enfilons nos waders. Je range tout cela dans le float tube et je le porte difficilement au bord de l'eau.

Bruno m'indique avoir pris des perches sur cette anse minérale. Les bateaux partent depuis la longue mise à l'eau de béton m'explique-t-il mais les pêcheurs filent en négligeant cet arrondi de cote.

Je pend donc le temps de passer mon leurre souple de sept centimètres monté sur une tête plombée de dix grammes le long des pilotis de bois marquant la piste. Rien. Rien non plus le long de la bordure. Je m'assoie sur le siège du float et enfile mes palmes. Je peux alors m'éloigner et continuer de pêcher la vingtaine de mètre de la bordure. J'attends Bruno qui fini de se préparer et de se mettre à l'eau.

C'est parti pour une journée de pêche.

Bruno tente au lancer léger avec un petit leurre souple de cinq centimètres.

Je peux suivre la topologie du fond à l'aide de mon sondeur. C'est une pente douce, qui se prolonge depuis la forêt.

Rien pendant la première demie heure. Rien non plus pour Bruno.

Je sent que mon leurre touche quelque chose. Cette Daiwa STEEZ AGS est très résonante. Lors de la récupération, je sent la tension provoqué par son action. Quand mon leurre touche quelque chose, sa nage est perturbée. Ma tresse me renvoie cette précieuse information. Depuis le début, je lance vers le large à vingt ou trente mètres. Dès que le leurre à touché l'eau, je laisse le pick up ouvert de façon à ce que mon leurre coule verticalement. Quand les spires ne se dévident plus, c'est que j'ai touché le fond. Avant la récupération, j'effectue un ferrage qui permet de décoller mon shad. En récupérant plus ou moins lentement, je peux faire décrire à mon leurre une courbe qui s'approche de la courbe du fond. Si j'ai touché c'est donc qu'il y a un obstacle ou une déclivité du fond. Dans tous les cas, c'est une bonne chose pour les carnassiers qui les utilisent pour ce cacher. Je relance au même endroit. Je laisse le pick up ouvert. Une fois que la tresse s'arrête de filer, je récupère. Cette fois un peu plus rapidement de façon à passer au juste au dessus de ce bon coin. Touche ! J'appuie le ferrage. Ça résiste, c'est nerveux, pas de lourd coup de tête, ce doit être une belle perche. Je ramène sans la brusquer pour éviter de déchirer sa mâchoire fragile. Elle tient le fond, elle dépasse donc plus de trente centimètres. J'avertis Bruno. Les deux mètres de ma canne contrent aisément ses départs. Il me suffit de l'orienter à droite ou à gauche en fonction de son humeur. Elle arrive maintenant en surface. C'est bien une belle perche de plus de trente centimètres. Je suis enchanté. Je passe mon pouce dans sa bouche avant de la brandir victorieusement !

 

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Pendant que Bruno me rejoins, je la mesure. Trente et un centimètres. C'est une belle perche, je fais d'autres images.

Je demande à Bruno de me faire des photos d'ensemble.

 

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Merci à toi Bruno pour cette image parfaite !

Une fois ces images réalisées, je peigne à nouveau le poste. Le sondeur m'indique une déclivité importante avant une longue plage. Elle était posté contre cette arrête.

Pas d'autre touche. Comme souvent pour les beaux sujets, elle était seule.

Je rejoins la plage pour faire d'autres photos, notamment avec le moulinet Daiwa MX 2004, nouvellement acquis. Je suis enchanté par sa rotation fluide et douce que procure les roulements Mag Sealed. Étant précédemment un fidèle de Shimano, je ne connaissait pas cette technologie. Après m'être renseigné, j'ai pu apprendre que cette haute technologie, issue de l’aérospatiale, consiste à emprisonner de l'huile aimanté dans les roulements. Elle assure ainsi une protection à très long terme de la mécanique interne. Cela améliore la rotation de l'ensemble. J'en suis enchanté. Je les ai mis plusieurs fois à l'eau pour faire des photos et ils ont ensuite tourné normalement.

 

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J'en fais une autre avec le leurre souple qui a permis la prise, un Daiwa Dukfin shad de sept

centimètres couleur Kibinago.

 

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Je tente une en paysage avec la mise à l'eau. On devine le float de Bruno.

 

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Nous essayons ensuite un selfie du binôme.

 

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Nous continuons de prospecter la longue plage. Des carpes y trahissent leur présence en sautant bruyamment. Elles utilisent ses sauts hors de l'eau pour se débarrasser de leurs parasites.

Pas de touche. Bruno tente plusieurs leurres. J'insiste près d'un ponton où Bruno à pu en faire plusieurs belles cet été. Rien.

Des corbeaux coassent au dessus de nos têtes.

Je commence à avoir froid, je n'ai pas pris ma veste pensant que la température progresserait mais ce n'est pas le cas. Le lac est calme, il n'y a ni vent fort, ni courant qui m'oblige à palmer et je ne parviens pas à me réchauffer. Il est onze heure trente, nous décidons de retourner à la voiture pour que je puisse récupérer ma veste puis d'aller manger en espérant que tout cela me réchauffe.

C'est le cas. Nous traversons pour aller tenter plusieurs arbres noyés repérés sur la berge d'en face.

Pendant la traversée, je fais un sandwich avec le patté de volaille fait par mon beau père. L'odeur qu'il dégage excite les papilles de Bruno qui la sent depuis son flot tube ! Bruno quand à lui, a amené deux baguettes. Malheureusement, le sac dans lequel il les avait mise dans le float tube n'est pas étanche. Chaque baguette est amputé de moité. Je jette l'autre moitié dans le lac. Les carpes que nous avons vu sauter ce matin s'en régalerons. Quelques minutes plus tard, ce n'est pas les carpes qui viendrons manger le pain mais les corbeaux ! Ce qu'ils sont opportunistes !

Sur l'autre quart de baguette j'étale du fromage frais acheté sur le marché quelques jours plus tôt. J'ai aussi apporté un Banyuls de treize ans d'âge ! Ces produits du terroir, dégustés au beau milieu d'un lac sont un autre grand moment de bonheur !

Bruno me prend en flagrant délit ! …

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Pendant que Bruno mange à son tour sur la berge, je tente la berge que nous avons atteins. Elle est plus escarpée. N'ayant plus eu de touche au leurre souple, je tente une cuiller, plus bruyante et plus agressive.

Je lance d'abord le long de la berge où je passe avec ma canne casting et un gros poisson nageur.

Je change de canne pour tenter ensuite plus au large. Même méthode. Ma STEEZ me permet de ressentir la rotation de la cuiller. C'est un vrai régal. J'avance doucement en peignant une fois contre la berge au gros poisson nageur, puis cette même longueur, vers le large à la cuiller.

Je cherche la bonne vitesse de récupération. Si je ramène trop lentement, la rotation de la cuiller s'arrête quand elle touche les pierres du fond. Si je vais trop vite, je passerai plus haut dans la colonne d'eau.

Touche ! J'appuie le ferrage ! Pendu ! C'est également nerveux mais tire moins. Ce doit être une perche plus petite. Elle tient quand même le fond. Je la ramène sans violence mais sans laisser de mou dans la ligne. Elle se débat en arrivant en surface. Je reste vigilant car c'est un moment délicat. La bannière est courte ce qui annihile son élasticité. La ligne forme souvent un angle droit et c'est alors le frein qui doit contrer un éventuel départ. Cette zébrée, qui doit faire un peu plus de vingt cinq centimètres, n'est pas assez puissante pour me dévider la tresse de mon moulinet. Je l'attrape dès qu'elle s'approche du float tube. YES, deuxième poisson ! ...

 

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Je fais des images de la belle.

Je la met dans le vivier flottant afin qu'elle n'apeure pas ses éventuelles congénères. Cela me permettra de faire d'éventuelles images avec les prises de Bruno.

Je peigne à nouveau le poste pour en déloger une autre. Rien. Rien non plus, plus à droite ou à gauche. Toujours rien dans l'arbre noyé tout proche.

Je rejoins Bruno qui pêche du bord en m'attendant.

Je lui montre ma deuxième prise en lui détaillant sa capture.

A la demande de Bruno, nous passons un peu de temps au lancer avec mon ensemble Bait casting. Je lui explique comment tenir la canne en englobant le moulinet pour une meilleure tenue. La chose la plus importante pour moi est de laisser le pouce sur la bobine pour contrôler la sortie de la ligne afin que la bobine ne s'emballe pas. Bruno me demande aussi comment régler le frein centrifuge. Il suffit de tendre la canne vers le ciel avec le leurre au niveau du scion. Desserrer ensuite le frein jusqu’à temps que le leurre descende.

Nous faisons ensuite un point technique. La pêche est difficile. Nous convenons de pêcher la bordure où sont couchés plusieurs arbres noyés. Ce sont des postes évidents.

Je continue de tenter les brochets avec ma canne casting mais je ne réussirais pas à faire bouger de gros brochet.

Bruno a mis en service son tout nouveau sondeur. Un Beeper. La définition est bien supérieure à mon ancien Fishin Buddy. Après un peu de temps consacré à sa découverte et à ses réglages, il est euphorique à la vue de tous les poissons qui apparaissent à proximité des arbres noyés. Nous savons depuis longtemps que que les poissons stationnent près des obstacles mais c'est vrai que c'est une motivation supplémentaire. Ces poissons sont peut-être des blancs mais les carnassiers sont souvent à leur proximité immédiate.

Je monte un chatterbait pour tenter l'aplomb des branches. Rien non plus.

Bruno change pour un lipless qui nage à merveille parmi ses bois immergés.

Touche pour Bruno. Je vois son lancer courbé. Il mouline énergiquement avant que son scion ne se redresse. Raté ! Dommage. ...

Ayant sorti mon appareil, je prend le temps de faire une image.

 

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Il est 16h30. Avec le changement d'horaire, il va faire nuit à 17h45. Nous décidons d'arrêter dans un quart d'heure afin de prendre le temps de rentrer et de ranger avant la nuit.

Nous n'aurons pas d'autre touche.

Je range mes leurres ainsi que mes cannes pendant la traversée.

Arrivé aux voitures, nous remontons notre matériel.

Je remercie Bruno pour la découverte de ce beau lac sauvage.

Le crachin tombe, je pousse le chauffage de la voiture et rentre, fourbu mais heureux de ce magnifique moment de partage.