19 septembre 2017 : une truite de mer de soixante quatre centimètres sur la Slack dans le marrai de Beuvrequen (62)

Lors de ma dernière sortie, j'ai pu manquer une truite de mer d'environ soixante centimètres. Elle était posté à proximité d'une motte de terre qui c'était écroulé de la berge quelques semaines plus tôt. Pensant avoir touché le bloc, j'ai ferré en retard. J'ai eu le temps de la voir monter avant qu'elle ne se décroche.

Plus en amont, j'ai aussi eu trois refus de la même truite de mer sur mon poisson nageur. Elle l'a suivi trois fois sans jamais le prendre. J'ai eu beau changer de leurre, rien à faire. C'était un poisson de couleur gris bleu donc fraîchement remonté.

Ces contacts avec ces grands migrateurs sont frustrant mais ils permettent d'échantillonner le parcours afin d'être plus efficace lors de sorties futures.

Aujourd'hui, le temps est gris. C'est de bon augure pour ce poisson qui n'aime pas la lumière. Je prend mon fouet, mon lancer et mon sac dans lequel j'ai toutes mes boîtes ainsi que le matériel nécessaire. Je descend mon petit fleuve favori. Les pluies de ses derniers jours laissent encore une couleur légèrement piquée. Çà aussi c'est bon pour la pêche des truites de mer. Cela contribue à les masquer de leur entourage.

Je rejoins le plus beau pool. Je pose mon lancer et commence à la mouche. Ce poste est bien dégagé. Ma soie de huit peut percer le faible vent (pour notre bord de mer) soufflant à trente kilomètres par heure. Mes deux mouches se posent sur le radier de fin du pool. Je tricote en les laissant s'immerger puis anime plus rapidement. J'avance ensuite de quelques pas avant de tenter de nouveau plus en amont. Je peigne comme cela pendant plusieurs minutes. Rien à la mouche. C'est un très beau poste. Je le sais occupé pour avoir vu précédemment marsouiner. Je pose ma canne à mouche pour tenter au leurre. Rien non plus.

Je reprend mon matériel et descend vers le bas du parcours.

Le dernier virage est aussi excellent. Il fait également partis des plus profonds. Il est de plus orienté dans le sens du vent. Rien à la mouche, rien non plus au leurre.

C'est sur celui immédiatement en amont que j'ai manqué la belle la semaine dernière. Je décide de le tenter d'abord à la mouche. Une truite de mer y était présente. Préférant la mouche, je commence avec mon fouet. Je sors dix à quinze mètres de soie et en trois ou quatre faux lancers, j'envoie le tout sur le milieu du poste. Le vent est cette fois de travers, mon train de deux mouches se retrouve contre la berge de gauche. J'anime de suite pour ne pas laisser trop couler mes imitations. Je relance avec un lancer horizontal, terminé d'une double traction en retenant le posé final de façon à ce que ma soie perce le vent pour se poser plus à droite. Parfait, me voilà dans la veine principale. Je tricote une dizaine de fois avant d'animer plus franchement avec des petites tirées d'une vingtaine de centimètres. Je fais ensuite une pause d'une ou deux secondes avant de reprendre mes animations. Arrêt de la soie. Cette fois, je ferre amplement. Pendu ! Yes ! Je lève la canne pour assurer la tension en récupérant la soie grâce à mon moulinet automatique. Elle me donne de violents coups de tête. C'est donc un poisson de plus de soixante centimètres. A cette taille ils ont peut de prédateur et sont sûr de leur coup. Mon bas de ligne en trente centième résiste. Elle remonte vers le haut du poste en faisant crisser le frein. Ce que j'aime ce chant ! Les dix pieds de ma Tactical me permettent de la déséquilibrer afin quelle reste dans le pool. Ce premier départ confirme le bon réglage du frein. Elle m'en fera plusieurs autres avant de descendre du pool. Je la suis canne haute afin d'éviter les hautes herbes. Vive les grande cannes ! Je ne fais rien pour l'en empêcher car je ne pouvais pas l'échouer a cause des berges hautes. Je m'aperçois qu'elle a pris la mouche en potence. Je baisse alors le réglage du frein. La potence est très courte et donc moins élastique. Elle sonde maintenant plusieurs fois avant de « blanchir ». Je profite de ce moment où elle passe sur les flancs pour descendre au bord de l'eau. Je peux alors l'échouer sur les myosotis. VICTOIRE !

Je fais les premières photos.

Sa robe brillante ponctuée de gros points noirs commence à brunir. Cela indique qu'elle est dans la rivière depuis plusieurs semaines.

Mon mètre indique soixante quatre centimètres. C'est soixante quatre centimètres de bonheur !

Cette fois elle a craqué pour une Magog Smelt monté en potence. C'est la première fois que je prend un grand migrateur sur cette mouche montée sur un hameçon simple de huit.

Je ne me lasse pas d'admirer cette beauté de la nature. Quelques chardons viennent égayer mes images.

Un bec commence à ce former sur la pointe de la mâchoire inférieure. C'est une caractéristique des mâles.

Je place ma boîte à mouche dans le cadre pour tenter une nature morte.

Je tente maintenant un selfie.

J'en réussi une après plusieurs tentatives ! C'est long car je la replace dans l'eau après chaque photo afin de pouvoir la relâcher dans les meilleures conditions.

Je fais un prélèvement d'écaille pour assurer le suivit scientifique. Je pourrais ainsi savoir son age et ses allers/retours depuis la rivière vers la mer.

Vient maintenant le temps de sa remise à l'eau.

Au revoir mon grand, fais moi de beaux bébés. …

Tellement heureux de la prise de cette belle truite de mer à la mouche que je décide de ne plus pêcher les autres postes qu'à la mouche.

Le balbuzard pêcheur continue ses tours dans le marrai.

J'ai le plaisir de le voir régulièrement. Un couple c'est installé depuis plusieurs années dans cet espace sauvage.

Je n'aurais pas d'autres touches.

Je rentre profondément comblé par cette fantastique prise à la mouche !