Nouvelle belle journée qui s'annonce.

Je remet mon float tube à l'eau avec l'ensemble de mon matériel.

J'ai pris de très belles perches lors des dernières sorties, dont une autre hier de quarante centimètres au crankbait sur le long radier en amont du pont vieux.

Toujours pas de nouvelle des silures, ni des sandres. Pas non plus de brochets bien que j'ai pu repérer de beaux postes prometteurs.

Une fois installé, j'enfile mes palmes. Je peux alors aller rejoindre la rivière principale en finissant mon installation et en montant mes cannes.

Cette fois je fixe une petite cuiller numéro deux sur mon ultra-léger.

Sur le lancer léger, j'accroche un leurre souple. Je pourrais ainsi tenter différents postes avec différents leurres de différentes tailles.

Me voilà en vue du pont vieux. Rien cette fois dans la grande branche noyée en aval de la première arche. La grosse perche n'y est plus ou ne veut pas mordre. …

Pas de chevaine non plus sous l'arche ou alors ils n'aiment pas ma cuiller.

Je lance en amont de l’embâcle de la première arche. Je ramène canne haute pour faire un premier passage sans risque d'accrocher. Rien. Je fait un deuxième passage, canne basse, prêt à ferrer. Rien non plus. Je tente un troisième lancer, plus près de la pile de pont, à raz des branches. Arrêt, ferrage, accroché ! Flûte. Je donne des petits coups de canne à gauche pour tenter de décrocher. Ça résiste. Je tente en basculant à droite, Trlrlrlrlr ! J'ai une touche ! Je me rapproche en palmant vivement en tentant de conserver la tension dans la ligne. Je peux alors voir une perche soleil se débattre quelques centimètre sous la surface. Elle a gobée mon « bonbon », le petit streamer en potence. Je décroche la cuiller de la branche et fais des images de ce magnifique poisson !

J'adore cette diversité.

Je me souviens avoir déjà pris une perche de cette façon là.

Sachant qu'il est interdit de la relâcher, je la met dans ma bourriche. Je la mettrais dans mon bidon d'eau de pluie. Elle y mangera toutes les larves de moustiques. …

Je remonte le radier en lançant ma cuiller sur le couloir, le long des maisons.

Rien à la petite cuiller mais j'ai le sentiment qu 'elle ne pêche pas assez profond.

Je change pour un crankbait. Il est plus stable dès que c'est plus profond. J'aime bien ressentir ces vibrations dans la canne.

Des nuages se forment et masquent le beau soleil.

Touche sous le petit saule ! C'est nerveux et tire de suite. Ce doit être un chevaine de taille raisonnable. Je le bride et au bout de quelques secondes je peux lui tirer le portrait.

Je le mesure : quarante trois centimètres, c'est cool ! Lui, je le remet à l'eau. …

Je continue de palmer pour remonter. Je suis dans la veine principale. Il me faut palmer sans arrêt. C'est du sport ! Je lance vers la berge et ramène doucement afin que le poisson nageur évolue entre deux eaux.

Le nuage est passé et le soleil baigne à nouveau la rivière qui retrouve ses couleurs éclatantes. ...

Nouvelle touche ! J'appuie le ferrage mais cela vient vite. Je continue de sentir les vibrations du poisson nageur. Ce poisson là a aussi a du prendre le bonbon.

Je fais aussi une photo avant de le remettre à l'eau.

Me voici en vue de l'arbre tombé. Plusieurs branches y sont accrochées. Cela forme un beau poste qui avance de plusieurs mètres vers le large. Je suis posté à deux longueurs de canne de la pointe. Je lance vers la berge de façon à passer près des branches. Arrêt, ferrage, accroché ! Me… Je tente de décrocher mais ça résiste. Ne voulant pas gâcher le poste en allant décrocher, je pose ma canne sur le râtelier et prend l'autre. Je décroche le leurre souple de l'accroche leurre et lance vers l'embâcle. Je ramène canne haute pour, cette fois, ne pas accrocher. Nouvel arrêt, ferrage ! Après une demie seconde d'attente, ça démarre violemment ! Cette fois, ce n'est pas une branche ! Je penche ma canne vers le large afin de l'encourager a venir vers moi, vers le large. Cela fonctionne. Pas de vibration, c'est lourd et il remonte le courant. Serait-ce le silure espéré ? Je palme pour rester dans l'axe, il déséquilibre le float-tube. Je ressent de lourds coups de tête. Serait-ce un brochet ? Je continue de palmer pour être dans la veine principale, loin des branches. J'ai de la chance, il n'a pas cherché à y retourner. Le combat se poursuit à bonne distance. Cela fait maintenant plus de deux minutes que je le tiens et je n'ai toujours pas la moindre idée de mon adversaire. Il fait une accélération et viens crever la surface. C'est un très beau brochet qui dépasse les soixante dix centimètres. Un instant tenté de desserrer le frein, je me ravise afin de pouvoir éventuellement l'empécher de rejoindre les branches. Je mouline vivement chaque fois qu'il me le permet afin de garder le contact. Ma tresse de huit centièmes et tendue comme une corde de guitare et fend l'onde chaque fois qu'il repart. C'est le jeu du chat et de la souris. Le frein crisse à chaque nouveau départ. Cela fait maintenant plusieurs minutes que nous lutons, il est toujours aussi puissant. Il doit donc mesurer plus de quatre vingt centimètres. Pendant cette lutte, le courant nous fait dériver vers les maisons. Je m’aperçois que carpiste est au balcon. Il regarde le combat depuis le début. Nous avions déjà échangé quelques mots lors des sorties précédentes. Je lui avait même rendu un gros plomb carpe, remonté par un de mes leurres. Un fil de gros dimètre était pris dans un des triples. Habitué des grosses défenses et des lieux, il m'indique un arbre noyé plus en aval. Je tente donc de rester à son niveau. Ses tentatives se font maintenant moins puissantes, je parviens à le voir une deuxième fois lors d'un passage près du boudin. Il fait effectivement plus de quatre vingt. Le combat se passe maintenant à courte distance. La tresse n'étant pas très élastique, je lève la canne afin que son nerf puisse encaisser les futurs coups de tête. C'est le moment de desserrer le frein pour ne pas casser. Sa caudale est large, elle frappe la surface en éclaboussant. Je le laisse faire plusieurs tours jusqu’à temps qu'il s'allonge sur la surface. Il tente de passer sous le float tube. Je le déséquilibre en basculant la canne vers le coté opposé. Il refait un tour avant de remonter, épuisé. Je passe ma main sous sa tête et tente d'introduire mon index et mon majeur dans chacune de ses ouïes. Il se dégage. Je lui fait refaire un tour. J'y parviens à la deuxième tentative.

Victoire ! …

Je le laisse dans l'eau pour faire une première image.

Ce que je suis content ! Je tente de le mesurer mais il se débat encore violemment. Ne souhaitant pas le blesser pour le relâcher en bonne forme, je demande au carpiste s'il accepte que j'accoste chez lui pour me prendre en photo et le manipuler. Il ne se fait pas prier et descend immédiatement.

Je lui demande de prendre mon mètre ruban dans ma poche du haut pendant que je continue de le maintenir dans l'eau. Il le mesure à quatre vingt quatre centimètres ! Je suis enchanté.

Un autre nuage couvre le ciel. Je décide de le placer dans la bourriche pour pouvoir faire des photos une fois que le soleil aura réapparu.

Je remercie chaleureusement le carpiste.

Je me laisse dériver dans le courant pour rentrer.

Le martin pêcheur n'est pas sur sa branche de pêche.

N'ayant pas eu de touche dans le « couloir » au pied des maisons, je tente de l'autre coté, vers la plage.

Je repense sans cesse à ce magnifique poisson.

Touche nerveuse ! La tête dans mes rêves, je la manque. Ce devait être une petite perche. …

Je continue de me laisser descendre en lançant ma petite cuiller. Arrêt. Ferrage, accroché, je n'y suis plus, je contrôle mal ma dérive, j'accroche aux branches que je ne regarde pas, je rêve à ce grand carnassier. …

Je vais décrocher puis rentre sans pêcher.

Je décroche mes leurres, les range dans leur boîte, plie puis range mes cannes.

L'horizon se dégage, je vais pouvoir faire des photos.

Je laisse la bourriche dans le Brasset et vais ranger le float tube, et les cannes.

Je demande à ma fille si elle accepterai de faire les clichés. Elle a un gros appareil, reflex numérique.

Elle accepte avec plaisir. Nous rejoignons la rivière, le soleil est bien là.

Je prend bien soin de bien passer mes doigts pour ne pas me faire mordre.

Portrait de nous deux.

Le grand poisson, le matériel, le cadre, le sourire, celle ci est splendide ! Merci à ma photographe !

Elle me demande de changer de côté afin d'augmenter le contraste. Le fond y est plus foncé, le grand carnassier et le pêcheur ressortent mieux.

Vient maintenant le temps de lui rendre la liberté. Au-revoir mon grand, revient me faire un autre grand plaisir une autre fois.

Je récupère le matériel et je rentre, profondément heureux !