Je prend mon float-tube, mes waders, mes deux deux cannes rangés dans la remise et je retourne à la rivière toute proche.

Une fois le portail franchi avec tout ce bazar, je n'ai qu'à traverser la route puis le parking pour accéder à la rivière.

Je pose le matériel au bord de l'eau et enfile mes waders. Il fait beau et chaud. Afin que ce soit plus agréable, je me plonge dans l'eau jusqu'aux aisselles pour faire baisser la température. Je m'assoie contre le dossier puis enfile les palmes. Je peux maintenant monter mon lancer ultra-léger. Le fond est peu important, je place un leurre souple de six centimètres. Un Dawia Duck Fin Shad, couleur « burning perch ». J'aime bien ces petits leurres souples, ils s'animent dès leur contact avec l'eau. Cette couleur est passe-partout et bénéficie d'un bon contraste en toutes circonstances. Pendant que je continue de palmer le long du Brasset pour rejoindre la rivière principale, je monte aussi un lancer léger. J'y monte spinner-bait. Je pourrais tenter les brochet dans les embâcles.

Une fois tout cela prêt, je lance le long de la végétation rivulaire. Je réfléchi à la stratégie que je vais cette fois développer. Lors des dernières sorties, j'ai pu capturer plusieurs perches correctes de vingt, vingt-cinq centimètres mais sans parvenir à trouver de bancs. J'ai aussi pris quelques chevaines de toutes tailles jusqu'à quarante trois centimètres. Je n'ai par contre pas encore eu ni sandre, ni silure ni brochet.

Pendant que je palme, j'ai une touche au troisième lancé. C'est nerveux, je peux rapidement ramener une perche de vingt-trois centimètres.

Ma bredouille est vaincue, je fais quelques images.

17 07 16 terrasson (5)

Je quitte ce bras de rivière. Le pont vieux est en vue. Ici la rivière est plus profonde. Elle approche un mettre soixante sous l'arche médiane. Je décide de monter un leurre plus conséquent pour tenter un éventuel sandre. Je sort ma boite de leurre logée dans une des larges poches. J'ai fait plusieurs montages « maison » avec une tête plombée et un triple voleur. Dans la boite j'ai un sachet de chevrotines de différents grammages. Je peux alors l'ajuster au bord de l'eau en fonction du courant et de la profondeur. Je laisse celle de sept grammes utilisée lors de la dernière sortie.

En sortie du bras, l'eau est moins profonde. Je récupère rapidement par petites saccades afin d'éviter de toucher les éventuelles branches du fond. Touche au troisième passage. Là encore, c'est petit et nerveux. Nouvelle perche de vingt-deux centimètres. Elle a gouluement engloutie mon leurre souple de neuf centimètres. J'avais mis un autre Daiwa Duck Fin Shad couleur wakasagi. L'eau était plus claire, ce coloris « plus naturel » lui a plus.

Je fais d'autres images. …

Je remonte vers le pont vieux ou j'ai repéré un arbre noyé. Je fais plusieurs passages au spinner-bait. Rien …

Bizarrement, le temps ce couvre. C'était prévu par Météo-France mais vu le beau temps du départ, je n'y croyait pas trop. …

Je change pour un leurre souple Daiwa Prorex Mermaid shad DF de 12,5 cm. Je peux insister à l'aplomb des branches.

C'est le moment d'appliquer la technique que Xavier m'a transmise : la pêche en verticale. Je laisse descendre en ouvrant le pick-up. Une fois le contact avec le fond pris, je remonte sèchement jusqu'à un mètre puis laisse redescendre tout doucement. Je recommence le manège en faisant le tour de la longue branche. Touche le long du tronc. Ferrage ! C'est lourd et les coups de tête ne sont pas nerveux. Aurais-je touché un petit silure ? Cela reste au fond et résiste. En combattant, je palme pour m'éloigner de la branche. Non, au bout de quelques secondes ça vient. Je peux voir un beau flanc. Serait-ce enfin un sandre. Le poisson replonge. A la deuxième remontée, je peux voir les zébrures. C'est une grosse perche. Je suis enchanté. Elle résiste encore. Je la joue plus calme pour assurer la capture. Elle vient près du boudin. La tresse de dix centièmes qui m'a permis un combat en direct ne peux pas amortir un dernier départ. Je desserre le frein pour éviter la casse. J'attends qu'elle ne bouge plus pour passer mon pouce dans sa bouche.

Victoire ! Mon mètre confirme sa belle taille : quarante cinq centimètres. …

Enchanté ! Je fais une série de photo.

17 07 19 terrasson (5)

J'adore le réalisme de ce leurre. Il a aussi bien plus à cette magnifique perche.

Je prend le temps de faire une autre série d'image avec le pont vieux en arrière plan.

Je tente ensuite au pied des piles du pont. Rien avec ce grand shad. Ni même au pied de la première pile où ce sont pourtant amoncelés quelques branches noyées.

Je change de canne pour prendre mon ultra-léger sur lequel est monté un leurre souple plus petit. C'est un autre Daiwa Duck Fin Shad, cette fois en taille six centimètres. Un couleur gougeon (gudgeon) est monté sur une tête plombée de trois grammes cinq. Je tente devant les branches, rien. Je palme pour rester dans la veine principale de l'arche pour descendre afin de faire un lancer qui « léchera » les branches. Touche en arrière de la pile ! J’appuie le ferrage. C'est nerveux. Je bascule la canne afin de le forcer à s'écarter des branches. Cela viens facilement au bout de quelques secondes. C'est un chevaine de vingt sept centimètres. Je fais quelques images avant de le décrocher et le remettre à l'eau.

Pendant que je fais des images, le soleil commence à revenir. J'en profite pour en faire d'autre avec le pont et le moulin en arrière plan.

Je monte ensuite sur le long radier de galet sans rien y toucher.

Le sondeur, fixé sur le boudin du float tube, m'indique un couloir plus profond au pied du moulin. Cette partie semble remonter le long des maisons. Je me place à l'extérieur du « couloir » de façon à lancer vers les maisons et « peigner » ainsi cette zone. Je palme pour remonter. Je garde un œil sur le sondeur afin de rester sur cette portion prometteuse. Rien.

Après mon passage, un barbeau saute. Avec un peu d'habitude, ils sont facile à reconnaître, on entend leur caudale battre l'air avant qu'ils ne retombent avec fracas dans l'eau. J'ai lu plusieurs fois qu'ils faisaient cela pour se débarrasser des leurs parasites.

Sur la rive gauche que je remonte, il y a un bel arbre noyé. Je vois à mon approche de nombreux petits gobages. Un banc de petits poissons blancs intercepte les larves de chironomes. Je lance vers la berge pour longer l'arbre. Rien à proximité de la surface. Arès un deuxième passage plus en profondeur, je touche une branche. Mon leurre ne s'accroche pas. J'avance pour pêcher l'autre coté. Rien non plus sur le premier passage. J'accroche cette fois sur le deuxième passage. Je palme pour aller décrocher. Le float tube est un allié précieux pour les décrochages, il suffit de venir à l'aplomb du leurre pour le libérer dans la grande majorité des cas.

Ploc ! Je tourne la tête vers l'autre vive et j'ai le bonheur de voir un martin pêcheur remonter sur une branche avec un poissonnet. Il le frappe violemment contre la branche pour l'assommer. J'ai tout le loisir de le voir le retourner avant de l'avaler. Je l'avais déjà vu passer telle la légendaire flèche bleue mais c'est la première fois que j'assiste à une pêche en direct. Je suis enchanté de cette belle nature sauvage.

Rien sous le gros saule. Cela fait pourtant un magnifique poste.

Me voici près du pont de l'Europe. Ces deux grandes piles formes deux beaux postes. Je lance à proximité mais mon leurre se coince presque de-suite. Il doit y avoir des branches en travers. Avant d'aller décrocher je prend mon ultra-léger mais j'accroche au deuxième passage. Flûte, je prend des repères pour mes prochaines sorties.

Un labrador joue sur l'autre rive. Son maître lui lance une balle avant qu'il ne saute gaiement dans l'eau pour aller la récupérer. Celle-là aussi ce sera pour une autre fois. ...

Cela fait déjà plusieurs heures que je pêche. Le soleil s'abaisse sur l'horizon. La luminosité décline. Le coup du soir va commencer. C'est souvent un excellent moment.

Je continue de remonter en palmant. La berge est de moins en moins profonde. Je peux voir un fond fait de gros galets. Je lance mon leurre vers la berge avant de ramener. Ce lipless n'est pas adapté. Je change pour reprendre mon ultra-léger. Je prend le temps de changer de leurre. Je garde un leurre souple de six centimètres mais pour améliorer le contraste, je choisis une couleur « burning perch ».

Chasse derrière moi ! Je me tourne et peux voir un petit vif de six à dix centimètres gicler. Je récupère rapidement et lance. Frénétique, je suis prêt à ferrer. Rien, je lance plus en amont. Le fond devant être d'environ un mètre, je ramène canne haute en faisant un a-coup de temps en temps. Touche en coup de fusil ! J'appuie le ferrage. Le moulinet crisse de-suite ! La tresse de six centièmes résiste. Mon petit lancer est complètement plié ! C'est lourd et je sent des gros coups de tête. Est-ce le sandre tant espéré ? Je ne parviens pas pour l'instant à le ramener et dois encore concéder du fil. Ce que j'aime la musique du frein ! Je palme pour rester face à lui en moulinant chaque fois qu'il concède du terrain. Je peux alors voir un beau flanc plutôt clair et large de plus de quarante centimètres. Ce n'est donc pas un brochet. Étant plus proche, je décide de desserrer le frein. Il en profite bien-sûr pour faire un nouveau départ. Je le contre en abaissant la canne du coté opposé. Quelques tentatives plus tard je peux alors voir de larges zébrures. C'est une autre grosse perche ! Je suis ravi mais tente de rester concentré sur le combat qui n'est pas fini. Sure de ses atouts, elle fait encore plusieurs démarrages mais ils sont de moins en moins puissants. Je peux alors l'allonger le long et l'attraper. YES ! …

Le Dawia Duck Fin Shad a encore frappé !

La toise du float tube accuse quarante huit centimètres ! Quel bonheur !

Je fais les premières images de cette grosse bossue.

J'adore leurs nageoires rouges vifs.

Je tente ensuite un selfie.

Poser la canne, tenir le poisson, être dans l'axe de la rivière et avoir la ligne d'horizon, horizontale, qui a dit que la pêche n'était pas du sport ?

Me voilà excité comme un gamin. …

Je tente encore d'autres photos mais avec toutes ses péripéties, elle retombe à l'eau. …

Désolé ma grosse pour cette remise à l'eau un peu brutale. …

Je redescend la rivière la tête dans mes rêves de grosses perches. Je verrais d'autres chasses mais ne parviendrais pas à prendre d'autre poisson.

La nuit arrive il me faut rentrer.

Quelle pêche, ce que je suis heureux !