Aujourd'hui c'est l'ouverture !

Tous les pêcheurs de truite attendent ce moment depuis six mois !

Les sorties des années précédentes m'ont montré que le levé du jour n'était pas l'horaire le plus propice.

Je décide donc de commencer par garder. Je contacte le deuxième garde pêche afin de nous mettre d'accord sur les parcours surveillés. Il va commencer par le bas du parcours. Je vais donc aller sur le haut qui est de plus, le plus proche de chez moi.

Je part à sept heure moins le quart afin d'être au bord de l'eau juste avant l'heure légale. Je pourrais ainsi surveiller ce point du règlement. La température est fraîche. Après cinq minutes de voiture je passe de premier pont de la Slack. Je ralenti, pas de voiture en bordure du chemin. Je roule lentement afin de tenter d'apercevoir un éventuel pêcheur qui serait venu à pied. Avec ce temps gris et bas, il fait très sombre et j'ai bien du mal à déceler le bord de la rivière. Je file vers l'amont. Là, il y a une voiture. Je m'engage dans la ferme afin d'aller y faire demi tour. Il a fini de s'équiper. Je me gare près de lui. Il en profite pour gagner la rivière. J'enfile ma veste, vérifie que j'ai bien ma carte et mon calepin. Il pêche le premier poste. J'ai le temps de voir qu'il pêche au flotteur, un tronçon de traditionnel bouchon de bouteille sous lequel il a pincé deux plombs de gros diamètre. Un hameçon maintien un beau vers de terre. Je me présente et engage la conversation. Joël est un fidèle de ce parcours. Je vérifie sa carte et note le contrôle dans mon carnet. Je lui souhaite une bonne journée et rejoins mon véhicule. Un autre pêcheur stationne son quatre-quatre. Je patiente afin de vérifier aussi sa carte de pêche. Immatriculé dans la Haute Marne (52), je commence par discuter. Monsieur à une maison secondaire dans la région. Je lui demande gentiment sa carte de pêche afin d'éviter de le suivre et attendre qu'il ne pêche. Il se plie volontiers à l'exercice et en profite pour me poser des questions sur la rivière. Lui aussi est en règle. Je lui conseille le haut du parcours en lui expliquant qu'un autre pêcheur peigne le bas. Il me remercie.

Je gagne les parcours situés plus bas. Il y a six voitures. Cette fois les contrôles s’enchaînent mais les prises sont encore peux nombreuses.

Juste après un sixième contrôle, je peux assister en direct à la prise d'une truite arc en ciel. Sa robe est presque parfaite, ses nageoires sont toutes là. Je félicite le pêcheur et poursuit ma tournée.

Cela me donne de plus en plus envie de pêcher. …

Sur le parcours plus en aval, je contrôle encore huit personnes. Là encore seulement deux poissons pris. La pêche serait-elle difficile ?

Nous nous tenons informés des contrôles respectifs et le même constat apparaît : les prises sont très peux nombreuses.

Me voilà dans le marais. Il n'y a qu'une voiture. C'est un habitué des lieux. Je sort mes jumelles et balaie l'étendue de la vaste zone. Il descend vers le bas du parcours. Un point blanc éveille mon attention. C'est une aigrette qui pêche. … Deux autres silhouettes sombres sont sur le ruisseau adjacent qui serpente à gauche. A cette distance, je ne les reconnais pas. Ils pêchent lentement, probablement aux appâts. Personne sur la partie du haut ?

L'envie de pêcher se fait trop grande. Il est neuf heure, je sors mon nouveau lancer préparé pour l'occasion. Je ne prend que la boite de leurres légers. Il fais froid depuis plusieurs jours, le débit est soutenu, il va falloir aller les chercher en profondeur.

Je fixe une cuiller numéro trois dorée. Rien sous le pont.

Je remonte le petit fleuve en peignant chaque poste afin de déterminer leurs postes. Rien sur les cinq cent premiers mètres. Ce nouveau lancer de sept pieds (2,10 mètres) n'est pas assez long pour conduire efficacement les dérives. Je décide de retourner à la voiture pour prendre mon grand lancer. J'en profite pour observer les trois pêcheurs. Mon ami a bien remonté pendant que les deux autres sont, au contraire, descendu. Je vais à sa rencontre afin de le contrôler et d'échanger nos informations. Son constat est sans appel, rien ! Je lui fais part de mes informations qui vont dans le même sens. Il décide d'aller plus en amont. Je continue pour ma part là où j'avais arrêté. Il n'a rien pris non plus à la cuiller, je change pour un poisson nageur coulant. Les truites n'étant pas sur les linéaires, je ne me concentre que sur les postes marqués. Le Rapala évolue bien mais n'intéresse personnes sur les trois postes suivants. L'eau étant légèrement tintée, je change pour un Zip Bait, également coulant mais plus flashy.

Je m'applique à bien laisser descendre le leurre avant de le récupérer. Cinq secondes en moyenne pour les belles fosses. Je ramène alors par saccades d'environ un mètre. Je fais ensuite une pause pour afin de tenter une belle ainsi que pour laisser redescendre le leurre puis anime à nouveau. Dès que je touche, souvent des herbes, je relève alors la canne pour peigner la fin du pool.

Dans le grand virage suivant, ma tresse fluo part à gauche après un énième accroc sur le fond en fin de poste. Cette fois c'est un beau poisson qui remonte avec la ligne. Il regagne la surface. Je peux alors voir un flanc de trente à quarante centimètres avant qu'elle ne se décroche ! Me. … La seule touche de la matinée et je la rate ! Quel nul !

Il est onze heures. J'ai promis de rentrer pour le repas avec un dessert. Les deux pêcheurs sont bien remontés, je vais redescendre à la voiture, y ranger mon matériel et aller vérifier leur carte de pêche.

Je file ensuite vers la boulangerie et rentre à la maison.

Ma fille a préparé un poulet frites. Je suis ravi de me poser. Leurs questions fusent. J'en profite pour faire le point. J'envoie également quelques messages au deuxième garde, qui confirme la pêche très difficile.

Une fois repus, je retourne auprès de la rivière. Personne sur les deux premiers ponts. Entre midi et deux heures, il y a moins souvent de monde. Personne dans le marais. Il commence à pleuvoir. J'enfile mes waders afin que l'eau puisse y ruisseler sans remplir mes bottes. Mouillé avec seulement huit degrés, je ne pourrais pas tenir très longtemps. Je dois me protéger.

Je décide de monter encore plus en amont. Rien sur les premières fosses.

Je décide de m'engager dans un tributaire. En début de saison, de beaux reproducteurs y traînent parfois. Mon poisson nageur coulant touche trop souvent. La profondeur est moins importante. Je change pour un poisson nageur intermédiaire de sept centimètres. Cette fois il évolue près du fond, dans la veine centrale. Rien sur les postes suivants.

A flanc de colline, dans un des pré, je peux voir le groupe de chevreuil. J'en compte huit. Ce que la nature est belle. …

J'arrive sur un autre beau poste. Je lance amont. Ma grande canne me permet de corriger mon lancer en la basculant à gauche pour contrer le petit vent d'ouest. Mon corps de ligne se prend quand même dans les faux roseaux de la rive. Je ferre à vide afin de l'en décrocher. Cela fonctionne. Me voilà en contact direct avec le leurre. Je bascule la canne à droite afin de contraindre le poisson nageur à passer plus à droite de la grosse motte de terre arrachée à la rive par la dernière crue. Arrêt brutal. Je ferre, pendu ! YES ! C'est un très beau poisson qui tient le fond. Ma longue DAIWA Twilight me permet de contrer chacun de ses coups de tête. Serait-ce une truite de mer en dévalaison ? Non, en levant la canne pour la déloger, je réussi à voir une robe brune. C'est une très belle fario de plus de cinquante centimètres. Elle file devant moi. Mon moulinet DAIWA, Exceler 4000 LT avale facilement la ligne. C'est ensuite le frein qui est mis à l'épreuve. Il s’acquitte de la tache par une petite musique que j'adore ! Elle me fait plusieurs aller retour dans le poste avant que je ne puisse la ramener à mes pieds. Je peux alors tenter les premières images.

Dans ses tentatives de décrochage, la ligne c'est entourée autour de sa tête massive. Je m'approche de la berge pour faire d'autres photos mais je glisse. Le poste est profond. J'ai de l'eau jusqu'à la taille. Vive les waders !

Je tente d'autres points de vue.

Sa robe est superbe. Sa tête est magnifiquement colorée de bleu, typique de notre souche atlantique sauvage.

Le poisson nageur Savage Gear intermédiaire de sept centimètres a été parfaitement adapté.

Je fais d'autres images, notamment de sa large caudale. Elle a été abîmée par le frai frai de cet hiver.

Sa nageoire adipeuse, ponctuée de rouge est aussi raillée.

Je tente maintenant un selfie.

Quelle belle truite fario !

Je suis enchanté.

Adieu ma belle. …

Il est seize heure, ma pêche est réussie !

J'arrête la pêche pour aller garder sur les parcours que je n'ai pas fais ce matin.