Premières truites de mer de la saison !
Dès L'ouverture de la pêche à la truite de mer, je suis allé les chercher.
Aucune touche, aucun refus, aucune activité pendant le mois de juin !
C'est aussi très dur pour mes contacts qui eux non plus ne toucheront rien. Ça bouge à peine sur les autres fleuves avec de rares prises. ...
Je sais que la pêche des grands migrateurs est une pêche complexe. Je ne me décourage pas et vais prospecter plus en aval vers la mer. Rien non plus. Je tente à la grosse cuiller numéro quatre mais pas de brochet non plus. C'est très difficile. …
Je continue de prospecter en cherchant le moindre indice de leur présence. Pendant mes contrôles de garderie, plus en amont, des pêcheurs me disses avoir vu des truites de mer et quelle n'est pas ma surprise d'en voir une d'environ soixante, tourner dans une fosse ! Quel spectacle ! Cela expliquerait qu'elles ne remontent pas encore, leur cycle est décalé. ...
Je prendrais une petite fario mais il me faudra attendre le début du mois de juillet pour avoir les premiers indices de leur présence.
Lundi après midi, je ne travaille pas. Il a à nouveau plu ce week-end et le niveau de la rivière est monté. Elle est légèrement laiteuse et il y a du vent. Les conditions sont presque parfaites !
Je commence en bas du parcours mais rien. Lors de la dernière sortie, je suis passé au poisson nageur, cette fois j'ai fixé une cuiller. Je connais maintenant bien les postes et la position des algues. J'insiste dans chaque poste. Toujours rien. Il y a trop de vent pour pêcher à la mouche. Dans chaque beau trou, je passe d'abord au poisson nageur moins agressif puis à la cuiller.
Espérant une montaison, je passe aussi dans les longs couloirs entre les pool. J'ai déjà pris de cette façon les années précédentes des truites de mer qui stationnent sous les algues. Arrêt brutal, j’appuie le ferrage en relevant la canne et sens de suite des coups de têtes brutaux ! Alléluia, me voilà pendu ! Le palpitant me rappelle l'importance de ce moment tant attendu ! Ma nouvelle Hearty Ryse me permet un contrôle parfait de chacun de ses départs que je peux contrer en basculant la canne du coté opposé. Elle ne s'est pas décrochée en revenant vers moi, c'est donc qu'elle est bien piquée ! Je peux la voir filer vers l'aval en me faisant chanter le moulinet, quel pied ! Souhaitant la relâcher dans de bonnes conditions, je ne laisse pas le combat s'éterniser et tente de l'approcher. Elle ne se laissera pas faire du premier coup mais je peux enfin prendre les premières images !
Ce que je suis content ! Merci à Didier et Nicolas pour la confiance dont ils me témoignent en me confiant leurs prototypes pour validation !
Sa robe à la blancheur et la brillance des poissons fraîchement remontés.
Je tente un selfie avant de la relâcher.
Merci ma belle pour ce grand moment ! ...
Ce que je suis content !
Nouvelle autre touche dans le virage plus en amont mais malgré mon ferrage, elle ne se piquera pas ! Aurais-je eu la tête dans les nuages ? …
Me voilà à la voiture. Je rentre, comblé !
Évidement, j'y retourne dès le lendemain. Je dois profiter de cette montaison !
Le soleil ne s'est pas montré et le vent est encore plus fort, soufflant jusqu'à quatre-vingt kilomètres à l'heure ! Je descend vers le bas du parcours, bousculé par les rafales. La pêche va être difficile mais les conditions de prise sont encore plus fortes car le vent va rider la surface et me cacher de ses farouches truites de mer.
Dès le premier lancer, ma cuiller vole dans les herbes de la berge. Ma tresse de douze centièmes me permet de décrocher. Je relance en tenant compte du vent, attend deux secondes de descente puis mouline lentement. Pas de touche mais des algues. Je renvoie pour peigner tout le poste, sans succès.
Rien non plus sur le virage immédiatement au dessus. Fort de ma prise de la veille sur une jonction, je pêche aussi les longues liaisons entres les plus beaux postes. A cause des rafales, je ne peux pêcher que ceux dans le sens du vent. Touche en aval du ruisseau dont les vaches profitent pour aller boire. Je ferre et perçois que je suis en contact avec un poisson encore plus beau. Le combat est parfaitement mené grâce à ma Top Gun. Au bout de plusieurs minutes, elle rend les armes. Je descend par le chemin de terre mais glisse. La chute aura apeuré ma belle. Dans ma cabriole, sans gravité, elle se sera décroché. Ma fesse est couverte de terre collante. J'hésite entre l'enlever de-suite dans la froide rivière ou la laisser sécher et l'enlever à la brosse à la maison. ...
Je suis content de cette belle prise même si je n'ai pas pu la prendre en photo. J'ai toujours considéré un poisson pris, celui que j'aurais pu glisser dans l'épuisette.
Je poursuis ma quette. Il me reste encore une heure trente avant de devoir rejoindre le collège.
Rien sur les liaisons et les postes suivants.
Me voilà sur la liaison où j'ai attrapé celle d'hier. Rien, bien que je tente plusieurs passages. Après avoir ramené un paquet d'algues à force de chercher toujours plus profond, je me résous à avancer vers le virage suivant.
Ce virage a longtemps été l'un des deux plus beaux postes du parcours. Il était large et profond. Depuis deux ans, il s'est ensablé. Pendant les montaisons, les grands migrateurs se pausent tout le long du petit fleuve. Ces passages de poissons bouleversent la hiérarchie des postes. Un poisson plus grand peut prendre la meilleure place, souvent à l'endroit le plus profond et ou, derrière un obstacle. Je lance ma Mepps sur le radier de queue. Attend une seconde avant de ramener. Rien. J'avance de cinq mètres pour être au plus pré de la meilleure dérive et lance vers le milieu de la fosse. J'attends deux secondes et mouline. Rien non plus. Maintenant, étant dans l'intérieur du virage, la course de mon leurre sera courte. Ne pouvant pas traverser à cause de la monté de l'eau, je lance. Deux secondes d'attente avant de prendre contact et je mouline lentement. Touche ! Je relève ma canne pour ferrer. Pendu ! Yes, c'est puissant ! J'ai droit aux lourds coups de tête puis le départ vers le haut du poste. De ce coté, je suis bien placé pour éviter les embâcles accumulés dans l'intérieur du virage. Il me suffit de baisser mon Hearty Rise pour ma ligne ne s'y prenne pas. La courbure est prononcé, c'est un poisson de plus de soixante ! Je suis enchanté ! Elle sonde sur le haut du poste avant de dévaler. Mon Moulinet avale aisément la ligne pour garder le contact. Ce manège va durer plusieurs minutes avant que je ne parvienne à l'amener en surface pour la voir. C'est effectivement un poisson de plus de soixante, je desserre le frein pour conter un éventuel départ, risqué à courte distance. Je descend en assurant mes pas pour ne pas glisser à nouveau et tente de l'échouer dans les herbiers de bordure, Victoire !
Je peux prendre les premières images. …
Elle aussi à la robe très claire. Sa tête est massive ! On devine un léger bécard qui devrait se prononcer au fur et à mesure que la saison avance. Ce doit être un mâle. En la laissant dans l'eau pour ne pas la priver d'oxygène, je fais de nombreuses autre images.
Sa caudale est également large et dimensionnée pour parcourir le monde. Quelle émotion de penser que ses grands migrateurs longent les côtes vers le Danemark puis redescendent après être passé par le Groenland pour se gaver de crevettes et de petits poissons, si abondant dans ses mers froides !
Mon moulinet est un Daiwa Certate en taille 3000. Il ne paraît pourtant pas bien grand à côté de cette puissante nageoire ! Je venais de l'acquérir, il est validé de la plus noble des façons !
Quel bonheur !
Je tente un selfie. Il me faudra plusieurs tentatives car elle ne se laissera pas faire du premier coup. …
Je le relâche ensuite. Au revoir mon beau !
Je suis enchanté par ses deux belles prises ! Nous partirons en vacances le lendemain. J'ai réussi ma quête juste à temps !
Je quitte mon petit fleuve pour rejoindre le collège la tête pleine d'images et de sensations fantastiques !
Ce que je suis heureux !








