Difficile réussite dans les Vosges en eaux rapides (88)
Nous voici en vacances Chez nos amis dans les Vosges du coté de Gérardmer.
Le temps est variable. Nous en profitons pour faire des balades dans les nombreuses et belles forêts.
Je tente ensuite une première sortie. Ayant eu de bons résultats lors de notre dernière venue à l'ultra-léger, je commence avec cette technique.
J'ai quatre touches fugaces mais je ne parviens pas à en prendre une. Je touche sans arrêt les cailloux et rochers du fond. J'ai alors beaucoup de mal à faire la différence entre les rares touches et les incessants accrocs. J'ai changé plusieurs fois de cuillers en tentant plus petit et plus foncé. Je suis aussi passé au poisson nageur sans avoir plus de succès.
Le paysage est magnifique et je prend le temps de faire une image.

Je rentre songeur au bout de deux heures.
Nous allons aux champignons le reste de l'après midi.

Nous retournons a la mouche le lendemain.
Je tente à la technique de la nymphe tchèque. Mon ami Jean tente à la nymphe au fil. J'ai d'excellentes sensation, cinq touches mais je ne parviens pas là non plus à en ferrer une. J'ai l'impression qu'elles ressentent le poids de la nymphe et la soufflent avant que j'ai pu ferrer. …
La encore, je rentre avec une sensation mitigée.
C'est par contre la fin de la pêche à la mouche en eaux rapides pour Jean. Cette pêche est trop technique et trop physique. Il me propose l'ensemble de son matériel.
J'y retourne le lendemain. Je vais aller tenter la partie plus en aval. Le ruisseau y est un peu plus large et plus profond. Les truites seront alors peu être moins petites et pourront peut être mieux prendre le leurre. J'accrocherais peut-être un peu moins et serais donc peut-être plus efficace.
Le temps est magnifique. Je fais une image.

Je me heurte cependant aux mêmes problèmes. Pêche très technique, impossibilité de ferrer les quelques touches parmi les trop nombreuses « touche de fond ».
Je rentre là encore en cherchant une autre solution.
N'arrivant pas à les ferrer au lancer, sachant qu'elles ne prennent pas franchement les nymphes plombées, je décide le lendemain de tenter le parcours à la mouche sèche. En surface leur vue est moins nette. Elle devraient donc gober plus franchement.
Je descends le chemin, traverse les bois et arrive au ruisseau.
Je pose ma dix pieds nouvellement acquise afin de passer la soie naturelle de trois dans les anneaux. J'aime beaucoup la couleur ambre des soies naturelles. Je bas de ligne est déjà fait. Il est cependant trop long. Je raccourci les deux derniers brins. Je fixe un sedge sur la pointe en quatorze centième. Ici les arbres sont hauts et je peux lancer facilement. Il y a des blocs rocheux partout. Il me faut chercher les postes un peu plus profonds. La mouche ne reste que quelques instant avant de draguer, emportée par le courant d'aval. Il me faut lever la canne afin de soustraire la soie aux courants.
C'est mieux sur le deuxième lancer. La mouche dérive quelques secondes de plus. Pas de gobage. Je tente plus en amont en cherchant les postes sur lesquels les truites seraient en poste. Gobage près d'une souche. Je ferre mais la rate. Le gobage a été fugace. Je lance à nouveau. Cette fois je m'y attend mais elle ne monte pas. Je relance plusieurs fois et elle prend à nouveau ma mouche. Je ferre mais la rate encore. C'est vrai que les palmer flottent facilement dans n'importe quels courants mais ils ont la fâcheuse tendance à ne rien accrocher. …
Je change de mouche pour un sedge noir en poil de chevreuil équipé d'une mousse orange très visible. Je lance à nouveau mais elle ne monte plus.
Je continue de remonter ce petit torrent. Un petit arbre, arraché par une crue de cet hiver, forme un embâcle. Je dois lancer dans le petit pool en faisant attention que la soie reste sur le tronc. C'est chose faite sur le premier lancer mais je suis sur la gauche du poste. Personne. Je lance plus à droite pour être plus dans le milieu du poste. Gobage, ferrage, bingo ! Une magnifique petite truite se balance au bout de mon long fouet.

Je suis enchanté, enfin je parviens à en prendre une ! L'ensemble vendu comprenait une magnifique épuisette raquette Hardy. J'immortalise l'ensemble.

J'adore ses pêche techniques mais que c'est difficile !
Je ne me lasse pas d'admirer sa belle robe cuivrée ponctuée de magnifiques points rouges. Je prend encore des images.
Je la relâche puis je fouette pour sécher la mouche. J'avance pour trouver un autre beau poste. J'arrive au niveau d'un ancien pont de pierre. Il y a une belle zone profonde mais je ne parviens pas à y faire passer ma mouche sans qu'elle ne drague.
Rien non plus en pausant par dessus. Une belle doit y être cachée.
Je pêche plusieurs autres postes en cherchant leur place. Je parviens à comprendre rapidement qu'elles occupent le milieu des pool les plus profonds. j'en rate une troisième plus en amont.
Je prend alors le temps de changer de mouche. Je monte une Merlinoise, chère à Charles Gaidy.
Elle la prend au premier passage mais je la manque encore. Quel mauvais. J'ai bien du mal à lancer. Ce poste est fait d'un courant central plus rapide dans lequel je ne peux lancer directement car il vient de la gauche vers la droite. Ma soie traverse alors les autres courants et drague. Je tente un lancer courbe mais avec tous ces arbres ce n'est pas facile. Je lance encore, elle a besoin de quelques minutes pour se remettre en poste. Cette fois je peux la ferrer. Et la mettre dans ma bourriche numérique.

J'ai donc trouvé le pattern, quel bonheur !

Encore une photo pour l'ambiance avec l'ensemble du matériel. Il comprend un Peux Fulgor numéro deux qui équilibre parfaitement cette longue canne.
Elle aussi je la relâche et monter chercher un autre beau poste. J'en trouve au, plus profond entres des blocs rocheux. Je lance, rien. Je tente plus en amont. La mouche dérive, gobage. Je ferre mais la manque une fois de plus. Ce quelles sont délicates. Cette fois encore, elle gobera à nouveau quelques minutes plus tard mais je la manquerai une deuxième fois puis une troisième fois. Je ne pourrais même pas la voir dans ce courant tellement leur mimétisme est parfait. Je pense que c'était une très petite truite qui ne parvenait pas à avaler la mouche pourtant monté sur un hameçon de quatorze.
Je continue ma progression. Rien plus en amont sur un très beau poste. Il doit être occupé par une très belle truite qui n'est pas en poste à ce moment de la journée.
Me voici sorti du bois. Cette fois je peux lancer très facilement. Par contre, la largeur du ruisseau est très réduite. Les posés sont plus délicats dans ces étroit courants.
Je fais fuir un héron. Lui aussi était à la pêche.
Rien sur les deux beaux postes où j'avais manqué les deux poissons les jours précédents.
Je monte encore pour tenter sous le pont. Je laisse descendre ma mouche mais la soie ne coulisse pas dans les anneaux et la mouche drague. Une ronce m'empêche aussi de faire de laisser glisser l'ensemble de mon bas de ligne. Si j'enlève la ronce, cela va alerter la truite. Je l'enlève quand même mais je n'aurais pas de touche. Elle sera parti.
Un affluant fait une fourche en amont. J'y ai aussi raté une truite il y a trois jours. Un bosquet de ronce m'empêche de le tenter du bas. Je le contourne en m'approchant très doucement. La truite voit très bien sur le côté. Il me faut donc amener ma mouche très lentement afin de me fondre avec le paysage. Une approche de sioux en plusieurs minutes est nécessaire. Ma dix pieds me permet de poser, le bras tendu, ma mouche à l'aplomb de la canne. Le gobage est immédiat. Elle était à l'affût. Je ferre et la sort d'autorité pour la déposer dans le près.
Ce poisson frétillant dans cette herbe rase me rappelle un des premiers livres de pêche que j'ai pu lire. Je souris à la mémoire de ces quelques lignes.

Je la met dans l'épuisette pour aller faire des photos avant de la relâcher.
Quels magnifiques poissons sauvages.
La maison de mes amis est en vue, je quitte ce ruisseau de montagne et rentre.
En regardant le ruisseau du haut du pré, je revoie mon premier livre de pêche à la mouche. Il y décrivait la pêche en eaux rapides dans ces petits cours d'eau. Je viens d'y réussir. Ce que je suis heureux !