une truite arc en ciel de 34 cm dans le Crembreux à Marquise (62)
Il me restait une heure pour aller à la pêche en fin d'après midi.
La Slack était haute et encore très teintée.
Je décide d'aller voir le Crembreux qui s’éclaircit plus rapidement.
Je prend mon fouet de huit pieds que j'équipe d'une soie naturelle. Je vérifie ma pointe. C'est un quatorze centième en bon état. L'eau est haute, je monte en pointe une noyée brune cerclée cuivre. En potence je place un sedge en poil de chevreuil couleur crème. Ces sedges flottent comme une bouée et la petite mousse orange me permettra de le voir malgré le courant vif et le contre jour. Rien en amont du pont. J'ai le soleil dans le dos. Ce dernier porte mon ombre directement sur le ruisseau. Ne pouvant pas encore marcher dans l'eau pour protéger les alevins, je dois me plaquer contre la berge.
Le lance avec difficulté dans ce petit ruisseau encombré. Mes mouches dérivent rapidement. Gobage sur le Goddard. Je la rate. Elle m'a surprise et ce sedge qui est un véritable anti-herbe n'a pas piqué la truite. Si elles ont le museau en l'air, je change pour un sedge classique mais elle ne remonte pas.
Rien sur le poste plus en amont. Auraient-elles vu mon ombre ? J'y connais des truites pour les avoir relâchées l'année dernière. Je change ma noyée pour une oreille de lièvre qui pêchera plus haut dans la colonne d'eau. Sachant qu'elle on le nez en l'air j'aurais peut-être plus de succès.
J'en connais aussi sur le prochain poste. Je prend garde au soleil. Ce faible vent de Nord ne facilite pas le posé de ma soie naturelle. Nouveau gobage. Sur le radier de fin. Elle aussi je la rate. Décidément, les débuts sont laborieux ! …
Ne l'ayant pas sentis, je tente à nouveau en espérant qu'elle n'ai pas goûté au fer de l'hameçon.
Le vent plaque mon bas de ligne et les posés sont brutaux. Le courant puissant de ce début de saison masque mes erreurs.
Elle gobe à nouveau mais je cette fois je vois nettement une petite manquer l'imitation. Ces jeunes !
Le profond du poste ne fait réagir personne mais le courant puissant malmène mes mouches.
Je monte. Gobage le long de ma berge plus en amont. J'accroche dans les arbres en tentant de placer mes imitations !
J'en connais aussi plus en amont. La ripisilve est abondante et m'oblige à lancer en oblique. C'est très technique mais ma dérive est correcte. Personne. Je tente de plus en plus près des branches jusqu'à ce que l'une d'elle accroche. Je peux alors voir une belle de plus de trente monter pour tenter de prendre la sèche qui dérive. Elle la manque. Je donne des coups de scion pour décrocher. Cela fonctionne. Je peux récupérer mes mouches. Je relance. Dans l'arbre. Je décroche, lance à nouveau. Correct. Dérive, j'avale le mou. Je la vois se décaler puis reprendre sa place au passage de mon train de mouche. Je ferre, pendu. YES ! …
C'est une belle arc en ciel qui tente tout ce qu'elle peut pour retourner dans les branches. Je penche la canne pour la déstabiliser à chaque tentative. Elle dévale le courant. Même technique. Le quatorze centièmes résiste. Je prend les premières images.

Génial, elle est en pleine forme !
Je la mesure : trente quatre centimètres.
Je tente alors d'autres images avec le matériel mais elle replonge pendant la pause, la sèche s'accroche dans ma polaire et elle casse.
Cela fera une remise à l'eau en douceur. …
Au-revoir ma belle, revient nous faire plaisir !
Il est dix huit heures, je viens de prendre ma première truite à la mouche de la saison. Je rentre enchanté !