A la moque sur le canal de Guines (62)
Nous (Norbert et Fabrice) sommes allés pêcher à la moque. La pêche à la moque (à la vermée) consiste à pêcher l'anguille à l'aide d'une pelote de vers enfilés sur un brin de laine. La multitude de dents des anguilles se coincent dans les brins de laine. Vous enfilez une douzaine de beaux vers à l'aide d'une aiguille à locher (spécial vers) sur un brin de laine d'une longueur d'environ un mètre. Vous faites une pelote de ce montage et vous le fixez solidement sur un gut de 2 mètres de long. Une olive de 20 g. leste la moque et un gros bouchon sert de repère visuel. La canne est une canne à coup sans le scion souple. Du robuste ... Le plus original : le parapluie ... Il est constitué d'une armature de parapluie sur laquelle est fixée un filet. Sur la pointe du parapluie une « chaussette » d'environ 50 cm -du vrai travail de dentelière- sert de réceptacle pour les anguilles que vous aurez réussis à amener jusqu'à la verticale du parapluie C'est bien là une des plus grande difficulté : remonter les anguille depuis le fond, les sortir de l'eau puis les laisser retomber dans le parapluie ... Du grand art ... J'oubliais, le parapluie se situe exactement au niveau du bouchon maintenu par une trique fichée dans la berge. La pêche commence à la tombée du jour et se finie une fois que vous êtes fatigué et frigorifié ...
Nous sommes donc arrivés vers 21h00 sur la berge du canal. Nous avions déjà vu deux autres pêcheurs à la moque ce qui était encourageant. Nous nous sommes installé et Fabrice a commencé à m'expliquer la technique. Fabrice a rapidement eu une touche. Il en a ensuite eu une autre qu'il a réussi à mettre dans le parapluie. Génial ... J'ai moi aussi eu ma première touche et j'ai aussitôt ferré. Grave erreur, il faut au contraire amener doucement l'anguille à la surface puis dans le parapluie. Nous avons ainsi « moqué » jusqu'à un peu plus de minuit quand une voiture s'est garé près de nous. Deux « moqueurs sont venus nous voir. Nous avons beaucoup discuté. Cela faisait un mois qu'ils moquaient et n'avaient que peu de résultat. Nous avec nos deux anguilles nous étions fiers. Nous avons beaucoup appris : notre moque était trop « lâche », il faut la faire un peu plus compacte et surtout ne pas laisser de brin libre. Il faut ensuite laisser le temps aux anguilles de bien prendre la moque et surtout, s'assurer lors de la remonté quelle est bien prise. En trente minutes de discussion il n'a pas cependant réussi à en prendre. Elle sont très tatillonnent a-t-il dit. Il nous a aussi conseillé de ne pas utiliser de laine mais plutôt du fil de coton type « canevas ». Mettre enfin plus de lest afin que l'ensemble évolue à raz du fond en permanence. Le flotteur ne servant que d'indicateur. Toute une technique ...
Je me suis régalé. J'avais déjà entendu parlé de cette technique -je me passionne pour les anciens livres de pêche- j'ai pu vivre cela ! ... Fantastique : l'ambiance du soir puis de la nuit, les anguilles qui tombaient à coté du parapluie ... Que du bonheur ...
