Après ma belle sortie dans les marais entre Calais et Guînes, j'avais très envie d'y retourner. Ce marais est drainé par de nombreux wateringues et petites rivières. Les années précédentes, j'avais obtenu de très bons résultats dans un gros ruisseau mais j'avais été prié de sortir par les chasseurs qui m'avaient indiqué que les terrains d'accès sont privés. Je souhaitais donc y retourner en float-tube.

J'ai donc embarqué l'ensemble de mon matériel nécessaire et j'ai rejoins un pont où l'accès est possible. Je gonfle les deux boudins et place dans mon embarcation tout le nécessaire pour explorer ce cours d'eau sauvage.

Le beau temps perdurant depuis de nombreux mois, le niveau d'eau n'est là encore pas très élevé. Je sais que les brochets n'apprécient pas mais une fois de plus, cela me permettra de repérer les postes plus profonds pour les futures sorties.

Je peigne en diagonale en progressant. Rien sur le petit ruisseau permettant l'accès à la petite rivière. J'insiste sous les saules qui ont été coupé car il reste leurs racines qu'affectionnent les poissons. Pas de touche. Je dérange beaucoup de carpe entre deux et six kilos. Leurs petits font une excellent nourriture pour les carnassiers. …

La largeur d'à peine dix mètres du lit principal et plus confortable pour les lancer. Pas d'attaque à proximité du banc de roseau hormis des carpes que je touche fréquemment.

En continuant de palmer, je vois aussi de nombreux banc de gardon de quinze à vingt centimètres. Quelle richesse piscicole ! Mon Rapala articulé de neuf centimètres couleur perche n'intéresse personne. Je change pour un plus grand qui sera plus intrusif.

Je tire près de la grande branche de saule couché dans l'eau mais pas plus de carnassier.

Un martin pêcheur fuse à quelques mètres de moi. J'adore cette nature sauvage !

J'arrive en vue d'un wateringue où j'ai pris un très beau brochet d'environ un mètre. Je lance au-delà de l'intersection. Je mouline lentement, un autre banc de petits poissons de cinq à dix centimètres contourne mon embarcation. Touche ! Je ferre mais je le rate. Flûte, quel nul, je me suis laissé distraire ! Je lance à nouveau, fébrile. Grâce à mes lunettes polarisantes je peux le voir suivre mais ne prend pas. Zut ! C'est un poisson qui s'approche des soixante centimètres. Pendant que je le laisse repartir, je change de leurre. J'accroche un popper. Je lance mais cela ne lui plaît pas, il ne suis pas malgré mes différents lancers en éventail. Je change à nouveau pour un leurre souple Daiwa Duck Fin shad de treize centimètres. Rien sur le premier lancer. Sa couleur claire (Spotted Mullet) me permet de suivre facilement ses évolutions. Il disparaît au deuxième lancer. Je ferre mais plus rien. Ce glouton à coupé mon fluorocarbone de vingt centièmes. Que je suis mauvais ! Mon ensemble bait-casting ultra-léger était équipé pour pêcher la perche et je n'ai pas pris la peine de placer un brin de fluoro-carbone plus gros pour résister aux dents des brochets. Je m'en veux de cette erreur de débutant !

Pendant que je place un avançon en titane, il fait plusieurs chandelles pour se débarrasser du triple. Je peste contre moi-même !

Je fixe à nouveau le grand poisson nageur articulé de onze centimètres et lance. Rien bien sûr, je palme pour lancer sous le grand saule. Mon leurre ondule parfaitement à quelques centimètres sous la surface. Touche ! J’appuie le ferrage. C'est bon ! Un beau poisson est piqué, il se défend lourdement au bout de la ligne. Il me fait de-suite une belle chandelle, quel bonheur de le voir se défendre jusque dans les airs. Le triple ne se décroche pas, il est bien pris ! Je contre chacun de ses départs en penchant ma canne du coté opposé. Elle accuse une belle courbure ! Le frein du moulinet est bien réglé car il me prend quelques mètres de tresse. Au bout de quelques minutes il passe sur le flanc et je peux l'amener. Je tente de passer mes doigts sous ses ouïes. Il en profitera pour repartir deux fois avant que je n'y parvienne.

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C'est fait, victoire !

Je fais de-suite quelques images.

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Je le hisse sur le tapis pour le mesurer. Il le dépasse facilement : soixante cinq centimètres, quel pied !

Sa robe est d'un beau vert bronze, son œil est cuivré. C'est un poisson magnifique !

Il fait un violent soubresaut mais cet emplacement pour mes doigts dans sa gueule est vierge de ses quelques sept cent dents.

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Je cherche un support sur la berge pour tenter un selfie. Celle-ci est correcte !

Adieu mon beau, merci pour ce grand bonheur !

Je range tout et poursuit ma pêche. Le gros sous le grand saule ne bouge pas.

Je palme pour tenter plus loin. Nouvelle touche mais je le manque. Je change de leurre mais il ne monte plus.

J'avance et en touche un autre quelques dizaines de mettre après.

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Trop cool ! Je fais des photo avant de le mesurer : cinquante cinq centimètres.

Et de deux, je suis ravi, j'ai trouvé le pattern !

Je ne tarde pas plus pour le relâcher.

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Je continue de prospecter.

Nouvelle touche et et nouveau raté, flûte ! Je relance, il suit mais ne prend plus. Je change de leurre mais il ne se laissera pas prendre, dommage, lui aussi approchait les soixante centimètres.

La progression sera ensuite difficile, le fond devenant inférieur à vingt centimètres. Il est dix sept heure, je décide de rebrousser chemin. Je n'ai plus qu'à palmer pour rejoindre la voiture.

Je dérange à nouveau de très nombreux poissons blancs. Quelle richesse !

Après trente minutes d'effort, je peux débarquer, ranger et rentrer, comblé !