Nous voilà mi-octobre et le temps est toujours au beau fixe.

Nous n'avons toujours pas eu de pluie qui permettent à mon petit fleuve de se teinter ou à son niveau d'eau de monter.

Mes précédentes sorties ne m'ont apporté que des bredouilles ou de ne prendre que des farios. Même si l'une d'entre elle approchait les quarante centimètres, je préfère les laisser préparer leurs amours sereinement.

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Je décide donc de rejoindre les marais entre Guînes et Calais à la recherche des brochets.

Je ralentis au passage du pont qui enjambe la petite rivière. L'eau est aussi basse et claire. Je commence au pied d'un autre pont. Une petite chute d'eau y a crée un poste plus profond. Je monte ma canne est y fixe un Rapala articulé, de onze centimètres, orange fluo. Je lance vers l'aval et ramène lentement. Je peux le voir onduler sous la surface. Personne au premier passage. Je lance plus loin, vers la berge opposée. Rien non plus mais j'ai sentis que mon leurre touchait quelque chose, vraisemblablement des herbes. Je relance, cette fois en faisant des pauses. Je peux cette fois vois un petit flanc monter et toucher le gros leurre. Ce doit être des perches. Je lance plus loin en espérant réveiller un brochet mais rien. Avant de changer de leurre pour mettre une bouchée plus convenable à ses dames, je tente à gauche. Rien non plus. Je décroche le grand Poisson nageur de son émerillon, défais la boucle qui fixait le bas de ligne en fluorocarbone de soixante dix centièmes et accroche un petit articulé de sept centimètres. Je lance un mettre en aval de la position où le les ai vu la dernière fois. Je mouline doucement, je petit poisson nageur s'enfonce doucement sous l'action de sa bavette. Ses vibrations me sont transmise via la tresse de dix centièmes directement sur le carbone de ma canne. Touche au niveau du profond du poste. Je ferre, pendu, YES ! C'est petit et nerveux. Je peux rapidement ramener une perche d'un peu moins de vingt cinq centimètres. Je suis ravi !

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Ses multiples couleurs, bariolées d'oranges sont magnifiées par le soleil !

Je fais une autre photo d'ensemble.

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Je suis content d'avoir réussi à m'adapter.

Je relance mais je n'aurais pas d'autre touche. Je remonte mon gros bas de ligne et mon grand poisson nageur. Je fais un ultime passage au cas ou cette prise aurait éveillé la curiosité du brochet mais rien.

Je fais le tour du groupe de maison pour accéder à la partie amont.

La vanne de l'écluse du pont n'est pas baissée. Le niveau va être très bas. Mon expérience m'a apprise que les brochets dans ses conditions sont très peu mordeurs. Content que la perche m'ait assurée la sortie je décide de pêcher le parcours. Cela va me permettre de repérer les postes les plus profonds pour mes futures venues. Je lance vers l'amont, le plus loin possible afin que les brochets ne me repère pas dans cette eau claire. Je ramène lentement afin que mon Rapala évolue juste sous la surface. Le brochet ayant les yeux placés sur le dessus du crane, il peut ainsi facilement voir tout ce qui lui passe au dessus. Rien. Je lance encore plus loin et avance en récupérant. Ma longue canne me permet en basculant tantôt à droite, tantôt à gauche de bien pêcher la veine centrale plus profonde où devrait se tenir les brochets. En suivant la course de mon leurre d'un œil, de l'autre, j'observe le fond de la rivière. C'est peu profond. La première gelée blanche de septembre à déjà réduit la majorité des herbiers. Il ne reste que quelques amas de myriophylle. Tape sur le lancer suivant mais il ne se pique pas malgré mon ferrage. Je relance un ou deux mètres plus en amont, je mouline doucement, touche. Je ferre, bingo ! La défense est nerveuse ce n'est pas un gros poisson. Ma Daiwa contre chacun de ses rushs. Je peux rapidement voir un brochet d'un peu plus de cinquante.

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Chandelle ! J'adore ses sauts spectaculaires que le brochet exécute en secouant violemment la tête pour se débarrasser des hameçons ! Le triple ventral se décroche mais celui de l'arrière tient et je peux faire d'autres images.

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Je l'amène jusque dans mes bottes mais je manque de m'enfoncer dans la vase du bord. Déstabilisé, je perd le contact et le brochet en profite pour se décrocher. Ce sera donc une remise à l'eau rapide. En remontant ma botte, une forte odeur de vase se dégage. Je rejoins le pré pour débarrasser la plus grosse partie de cette boue en décomposition.

Pas d'autre touche sur le reste du parcours. Je pourrais cependant apercevoir deux autres brochets, sensiblement de la même taille.

Je retourne à la voiture pour remonter plus rapidement.

Je stationne non loin d'un autre pont. Je reprend ma canne et la monte en rejoignant l'eau. Cette fois la vanne est fermée. Le poste est donc bien plus profond. Rien sur les premiers lancers. J'allonge le tir mais rien non plu. Le gros boude ? Je change de leurre pour une grosse cuiller numéro cinq mais elle ne plaît à personne. Le beau aura profité du haut niveau de l'eau pour aller se balader plus en amont. … Malheureusement, la pâture n'est pas autorisée.

Je m'en vais tenter la portion plus en aval. L'eau y sera basse et claire. Je n'aurais pas de touche. Je pourrais repérer plusieurs postes plus profonds. Je verrais aussi quatre petits brochets. C'est très prometteur !

Je rejoins la voiture pour progresser encore plus haut. Cette fois il faut traverser le marais. Je franchis plusieurs barbelés avant de retrouver mon gros ruisseau. Le niveau d'eau est haut, c'est génial ! Je repère de-suite un brochet. Lui aussi avoisine les cinquante centimètres. Je lance à un ou deux mètres de lui, sans faire de gestes brusques. Je ramène lentement, le brochet repère le leurre mais ne l'attaque pas. Il le suit. Je fais une pause et il tape. Je ferre mais il ne se pique pas ! M. … Je lance à nouveau mais il me fait le même manège ! Je change de leurre pour une cuiller mais il ne monte pas. Je fixe un popper et là encore, il pousse le leurre du bec sans ouvrir la gueule ! Quelle frustration ! Je tente un leurre souple mais je ne parviens pas à le lui faire engamer. Il aura toucher six fois sans que je ne puisse le prendre. Il m'aura sûrement vu ou bien l'eau claire aura éveillé ses soupçons. Cette fois, c'est lui qui gagne !

Des chasseurs arrivent vers moi d'un pas décidé. Je les salut poliment, ils me demandent de partir. Je range ma canne et m’exécute en m'excusant si je les ai dérangé. Cette attitude respectueuse les rassure et la conversation s'engage. Cet échange est riche en renseignements.

Je progresse plus en amont.

Rien sur l'entré du wateringue suivant. Je repère un autre petit brochet de deux ans.

Rien non plus sous le saule au-dessus. Encore un petit brochet d'un peu plus de vingt centimètres.

Les ânes sont toujours dans leur pré. L'une d'elle est ronde comme un ballon. La mise bas ne devrait plus tarder.

Toujours rien sous le peuplier. La couleur de mon poisson nageur est peut être trop agressive. J'enlève mon sac à dos pour en extraire ma boite de leurre. J'en choisis au couleur de la robe d'un brochet. Il sera plus discret.

Me voilà en vue des saules pleureurs ce linéaire me vaut tous les ans de beaux poissons.

Je tente un long lancer vers la sortie du wateringue, juste en aval du saule. Mon poisson nageur tombe sur la branche de la berge opposée. Flûte ! Je tente de décrocher en donnant de petits coup de scion. Cela fonctionne, le leurre tombe dans l'eau. Je ramène lentement. Je lance plus en amont, en essayant cette fois de viser la veine centrale, en amont des branches. C'est bon. Je mouline doucement, touche au niveau du wateringue. J’appuie le ferrage. Pendu ! La résistance est lourde, c'est un beau poisson. Je fais attention à contrer systématiquement chacun de ses départs grâce à ma longue canne. Le moulinet chante dès qu'il en fait un plus appuyé, mon frein et donc bien réglé. Je commence à pouvoir le ramener et peux voir un poisson de plus de soixante, trop cool ! Je fais attention quand il se trouve à l'aplomb de ma canne d'accompagner de la canne des ses départs afin de ne pas risquer la casse de la ligne dont l'élasticité est alors mis à rude épreuve. Il passe sur le flanc, je sort mon appareil photo pour l'immortaliser.

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Je fais plusieurs autres images avant de le mesurer : soixante trois centimètres, génial !

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Mon ensemble c'est révélé parfaitement adapté. Je prend le temps d'admirer sa superbe livrée verte et bronze.

Je vais maintenant tenter un selfie.

Celle-ci est pas mal !

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Je suis ravi !

Adieu mon beau !

Enchanté, je lance sous le saule pleureur. Mal-adroit à cause de mon euphorie, le Rapala se coince dans les branches. Je tente à nouveau les petits coups de scion mais cette fois, cela ne fonctionne pas. Je tire, le saule est souple et en approchant, je peux le récupérer. La pêche du poste est malheureusement compromise. Une autre fois.

Plus en amont, je fais suivre un autre brochet de moins de cinquante mais il ne prend pas, même en changeant de leurre. Je le laisse tranquille et continue de progresser. Je verrai encore deux autres brochets encore plus petits avant d'arriver au pont où j'ai garé la voiture.

Il est dix sept heure, j'ai pris deux brochets dont un beau, une perche et en tout, vu ou manqué douze brochets, je suis enchanté !

Je rentre sur un petit nuage. ...