J'enfile mes waders, prend mon grand lancer léger et ma boite de leurre.

Je commence par les quelques pool avant de rejoindre le petit affluant. Mon poisson nageur intermédiaire de sept centimètres évolue parfaitement entre deux eaux mais n'intéresse personne.

Je traverse le wateringue. Il n'y a que vingt à trente centimètres d'eau mais à cause de la vase, j'ai de l'eau jusque en haut des cuisses.

Le beau temps des derniers jours à fait perdre plusieurs centimètres au ruisseau. Rien sur le premier virage.

Je continue de monter, rien non plus sur le pool suivant.

Je n'ai pas revu les cigognes aperçues la semaine dernière. Un couple d'oie d’Égypte cancane sur la bute d'une hutte. Les oiseaux migrateurs sont de plus en plus présents dans cet espace sauvage. J'ai pu voir la semaine dernière, avec deux des cigognes, trois grues cendrées !

Aujourd'hui elles étaient quatre dans les prés fraîchement semés.

18 05 09

Rien non plus sur le virage suivant.

Près d'une autre hutte, une vanne commande la sortie d'eau. Dans ce pool, c'est plus profond. Mon poisson nageur ne plaît à personne.

Il y a un beau virage plus en amont. Je lance vers le milieu du poste. Je ramène lentement. La sensibilité de ma Daiwa me permet de sentir le poisson nageur qui se déhanche. Rien. J'avance pour lancer plus loin. Rien non plus. Je m'avance encore sur le bas de poste pour lancer sur l'arrivée du poste. Je ramène doucement, petite touche. Je ferre mais je penne à sentir quelque chose. A mon niveau, je vois une grosse truite de mer d'environ soixante centimètres qui est descendu avec le leurre. Je mouline comme un fou pour reprendre contact. Elle monte alors en surface et je peux voir de magnifiques points rouges. C'est une monstrueuse fario ! Elle ouvre la gueule en la secouant et j'ai le désespoir de voir le l'hameçon simple se détacher. Je suis stupéfait !

Piteux, je relance. Je mouline, elle remonte ! Je ferre et je vois encore ressortir mon Daiwa. Je suis dépité, mon test avec hameçon simple est négatif. L'hameçon glisse sur les os de la grande gueule.

Je la vois repartir vers le profond du poste. Évidement elle ne touchera plus à aucun autre leurre que je lui présenterai. Je suis tout tremblant ! Quelle monté d'adrénaline ces gros poissons à vue !

Enchanté d'avoir pu toucher un si beau poisson, je continue ma pêche. Le virage en amont est difficile à pêcher car je le coupe dans le mauvais sens. Je suis obligé de faire des lancer courts et précis. Nouvelle touche dans le plus profond du poste. Je ramène un plus petit poisson d'un peu plus de trente centimètres qui, lui aussi, se décroche.

Cela signe l'arrête du test avec les hameçons simples. Trois touches, trois décroches !

Je change pour un autre poisson nageur avec hameçon triple mais n'aurais pas d'autre touche sur les deux derniers postes plus en amont.

Je revenant, je ne peux m’empêcher de tenter à nouveau la belle. Je ne la reverrais pas.

J'ai encore du temps, je retourne à la voiture pour changer de canne et prendre mon ensemble pour grands carnassiers.

Je traverse le marais pour rejoindre la partie avale du parcours. La marée est haute, le coefficient est important, le niveau d'eau sera donc haut. Mes précédentes expériences m'ont apprises que les brochets sont d'autan plus actifs qu'ils ont plus d'eau sur la tête.

Je fixe un Rapala articulé de onze centimètres sur un fluorocarbone de soixante dix centièmes.

Rien sur toute la partie basse. Les poissons relâchés n'ont pas bougé.

Me voilà presque à hauteur de la voiture.

Rien non plus dans le pool en aval de la sortie du wateringue.

La marée doit descendre car le courant est maintenant visible. De gros paquets d'algue s'animent. Je décide de pêcher ce parcours où l'eau est trop peu profonde habituellement.

Mon grand poisson nageur évolue juste sous la surface. Sa couleur orange fluorescente me permet de le voir de loin. Je ramène en basculant mon grand lancer de trois mètres trente de droite à gauche. Je vois alors un grand Vé, semblable à celui d'une torpille, suivre le leurre. Je continue de moulinet lentement. Je peux maintenant apercevoir, grâce à mes lunettes polarisantes, une masse sombre, rattraper le leurre puis l'aspirer. J'attends une demie seconde avant de ferrer. Bingo, le brochet explose en surface en signe de protestation ! J'adore ses sauts spectaculaires ! Le combat commence, il me prend de suite du fil ! Le moulinet chante, j'adore cette mélodie ! Ma tresse de douze centièmes résiste ! Il rebrousse chemin au bout de quelques mètres. Mon Daiwa Balistic en taille 4000 avale rapidement la ligne et me permet de garder le contact. Il passe devant moi et je peux alors voir qu'il a engamé le grand leurre. Il est donc bien piqué. Mon frein est bien réglé, je peux donc le brider rapidement. Il arrive en surface.

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Il me faudra encore patienter quelques minutes avant qu'il ne se calme et que je puisse faire les images suivantes.

Le voici posé dans les faux roseaux.

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Je ne résiste pas de faire d'autres photos, notamment de mon nouveau moulinet, un Daiwa Balistic 4000 CHX qui c'est révélé parfaitement adapté. Je lui apprécie sa plus particulièrement sa douceur de récupération.

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Je prépare mon matériel pour tenter un selfi : laisser le grand poisson dans l'eau après avoir ouvert le pick-up. Poser le sac sur la berge, en sortir une boite qui me servira de support pour le téléphone. Programmer ce dernier en réglant le retardateur sur dix secondes qui me permettra de récupérer Esox en plaçant mes doigts dans le haut de ses ouïes, de l'autre main, placer la canne entre la berge et mon épaule, présenter ma belle prise en masquant mes doigts de façon a voir le plus possible la belle robe bronze et sourire pour affirmer mon grand bonheur !

C'est réussi pour celle-ci !

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Après avoir remis ma prise dans le lit de roseau, je vérifie la qualité de l'image et n'hésite pas à en prendre plusieurs.

La séance est finie, Adieu mon beau !

Je rentre enchanté d'avoir réussi à m'adapter ! …