Je viens de me voir offrir une nouvelle canne à mouche. Une Daiwa, Wilderness de neuf pieds (2,74 m) en quatre brins.

Je décide d'en commencer le test sur un parcours que je connais comme ma poche, le no kill du Crembreux à Marquise (Pas de Calais).

Arrivé sur place, je la sort de sa housse en tissus noir. Elle était bien protégée par un tube de transport rigide.

Je sort chaque élément. Le blanc carbone haut module est de couleur noire, vernis brillant. Le nom et les caractéristiques de la canne sont élégamment inscrites sur un fond cuivré.

Les quatre brins à emmanchement inversés, sont protégés par une goutte de vernis empêchant l'entrée des impuretés.

J'y monte un de mes moulinets, le Fulgor numéro un. Le porte moulinet gris anthracite est joliment usiné. Les deux bagues de vissage vers le haut l'ont efficacement serré. Cerise sur le gâteau, la canne est parfaitement équilibré par mon index sous la poignée en liège !

Je passe ensuite mon bas et ligne ainsi que ma soie naturelle de cinq dans les anneaux. Les deux premiers anneaux sont deux solides anneaux SeaGuide SiC. Ils sont ensuite suivit de sept anneaux serpentiformes régulièrement répartis. Ces anneaux sont robustes, correctement fixés et abondamment vernis.

Aujourd'hui, j'ai droit a des éclaircies.

Je commence à fouetter. La soie coulisse parfaitement et me permet de déposer aisément mes deux mouches à quelques mètres. Ce ruisseau est parsemé de plusieurs blocs. Les neuf pieds me permettent de soustraire la soie à l'aspiration du courant qui s'accélère en de fin de poste. Une truite gobe ma mouche sèche devant le bloc mais, malgré un ferrage, je la manque. Ce qu'elle sont rapides dans les ruisseaux ! Je relance plusieurs fois mais elle ne remontera plus. J'en avais oublié que j'étais en test de canne. Cette Wilderness sait se faire oublier.

Plus en amont, le poste est plus dégagé. Je peux donc en deux faux lancers sortir dix mètres de ligne. Là encore, ils partent facilement grâce à l'action de pointe. Un arbre en surplomb m'oblige a faire plusieurs tentatives pour passer dans la bonne veine. Arrêt de la mouche sèche. Je ferre, pendu ! Je peux rapidement ramener une jolie petite fario sauvage.

Je suis ravi, j'en profite pour faire de nombreuses photos avant de la relâcher.

C'est un test concluant en ruisseau. L'anneau accroche-leurre me permet de permet de ranger ma noyée avant de reprendre la voiture pour aller la tester sur la Slack, un petit fleuve côtier de la Cote d'Opale.

Le vent, faible à l’abri de la petite vallée encaissée du petit ruisseau, est plus sensible dans le marrai.

Ici pas d'arbre pour arrêter le vent omniprésent en bord de mer.

Je m'assoie dans l'herbe, au bord de la rivière pour changer mon bas de ligne. Je ne laisse que trois brins. Le quarante centième fixé à la soie, un bon mètre de trente centième et un dernier bon mètre de vingt-cinq centième. Pour la pêche en noyée il faut du solide pour parer aux touches en coup de fusil ! Je laisse dix centimètres sur la potence afin de fixer une deuxième mouche. J'y noue une noyée couleur lie de vin monté sur un hameçon de douze grâce à un nœud Rapala. Ce nœud permet aux mouches d'évoluer librement dans l'eau. En pointe, j'accroche une Black Dose. C'est de mes mouches favorites qui m'a déjà valu de très belles farios.

Cette fois encore, les neuf pieds de cette Wilderness me permettent de lancer facilement mon train de deux mouches noyées sans emmêler malgré ce vent toujours présent. Dans ce marrai, les berges sont hautes. Cette pêche en surplomb, nécessite des lancers beaucoup plus long, à plus de vingt mètres afin se soustraire de la vue des salmonidés. J'utilise donc cette Wilderness pour propulser en simple et double traction mes mouches à travers le vent. Elle s'acquière de cette tache sans sourciller.

Je lance sur le haut du radier. Je commence sur la fin du poste au cas où une truite y serait postée. Rien. J'avance de cinq mètres et lance vers le milieu du poste. Mes mouches s'alignent et commencent à couler. Je tricote la soie avec les mains pour maintenir le contact entre les mouches et ma nouvelle canne. Cela permet une récupération douce et régulière. Toujours rien. J'avance encore de cinq mètres pour lancer sur le plus profond du poste. Toujours rien.

J'en profite pour tester différentes mouches. Elle atteint sa limite quand je lui fixe une numéro quatre sur hameçon double.

Deux cygnes descendent en fouillant le ruisseau. Ce qu'ils sont gracieux dans leurs évolutions, ils avancent alors que nous ne les voyons pas bouger. Même l'eau n'en pas perturbée. Leur blanc plumage immaculé tranche parmi cette verte nature. Les cygnes ne dérangent pas les poissons. J'en ai déjà pris plusieurs juste après leur passage.

Pas de touche aujourd'hui pendant cette heure de pêche. …

 

Je suis ravi, cette Wilderness de neuf pied pour soie de cinq est une très bonne canne. Sa polyvalence me sera utile lors de mes déplacements.

C'est de plus un excellent rapport qualité / prix !

 

Il est dix sept heure, je décide de rentrer, heureux !