Julien m'avait sollicité pour une initiation à la pêche au toc.

Le no kill, nouvellement mis en place à Marquise, serait le terrain de jeu idéal.

Nous nous sommes donné rendez-vous sur parking, non loin du bas du parcours. Je commence par lui expliquer l'origine de cette technique, qui vient simplement du ressenti du « toc-toc » sur la canne, par la truite qui prend l'appât.

Une fois au bord de l'eau nous montons la canne. Une grande canne anglaise de quatre mètres vingt munie de nombreux anneaux. Cet ensemble permet au fin corps de ligne de rester solidaire de la canne notamment lors du passage entre les branches des arbres situés au bord de l'eau. En cas de pluie, tous ses anneaux évitent à la ligne mouillée, de se coller au blank de la canne.

Nous fixons un hameçon numéro dix, renversé qui est parfaitement adapté à la taille des vers de terre amené par Julien.

Je lui explique les différentes possibilités de fixation des plombs. Ici je lui conseille un placement à environ vingt centimètres de l'hameçon. Cela correspond au débattement possible et donc du bon contrôle de la ligne sur ce ruisseau.

Je lui explique aussi le « piquage » du vers, pars le haut puis il suffit de l'enfiler sur la longueur de l'hameçon pour parfaitement masquer celui-ci.

Après ces minutes de préparation, c'est partis pour l'action de pêche. Je lui montre la tenue de la canne et la position des mains. Je lui explique le « travail » de la main gauche qui avale ou au contraire « donne du mou » de façon à ce que l'appât évolue à raz du fond ou au pieds des obstacles visés.

Je lui passe la canne afin qu'il « attaque » le premier poste. Après les premiers balbutiement, il a rapidement une première touche. Il la manque. Il rate aussi la suivante mais tient la troisième. C'est une magnifique truite fario sauvage d'environ dix sept centimètres.

Nous admirons sa robe superbe. Nous faisons de nombreuses photos avant de la relâcher.

Nous avons pris soin de nous mouiller les mains avant de la manipuler pour ne pas altérer son mucus. L'hameçon étant sans ardillon sur le no kill, nous pouvons facilement la décrocher pour la remettre à l'eau.

Julien est plus enchanté que moi de cette première prise si rapide !

Il accroche sur l'arbre en surplomb du poste suivant. Je vais le décrocher.

Rien sur le poste plus en amont qui est pourtant prometteur. Il est cependant encombré de nombreuses branches. La truite doit être sous l'amas de bois mais nous n'y risquons pas l'hameçon.

En lui montrant comment pêcher sous l'arbre du poste au dessus j'y laisse le montage au troisième lancé. …

Je fais le tour pour aller décrocher. Le vers à fait les frais des tentatives de décrochage. Julien maîtrise maintenant parfaitement leur fixation.

Nous continuons de progresser.

Je tend la canne à julien qui pêche maintenant bien. En fin de dérive, je vois alors la mouche orange placée en indicateur remonter le courant en travers. J'en avertis Julien mais il la rate. Je lui explique qu'il faut plus appuyer le ferrage. Il relance. La ligne suit le courant. Nouvel arrêt. Cette fois julien sent la touche mais ferre encore trop timidement et nous pouvons voir un beau flanc brillant se retourner. Je renouvelle mes conseils. Rendre la main à la touche une ou deux secondes et ferrer sèchement. Nouveau passage. Nous sommes fébriles. Va-t-elle prendre à nouveau ? Le fil est bien tendu, elle prend, il attend puis ferre. Pendu ! C'est une belle arc en ciel de plus de trente centimètres. Il lui faut plusieurs minutes pour calmer ses nombreux rush. Il l'épuise avant de pourvoir faire les premières images.

Je fais un peu d'anatomie, notamment sur sa belle ligne aux couleurs de l'arc en ciel. L'hameçon étant au fond de la gorge, nous coupons le fils. Elle repart sans demander son reste.

Julien me laisse la canne. J'en profite pour lui montrer le mouvement de balancier sous la canne. J'en manque une a mon tour dans le petit radier. Elle ne remordra pas.

Je rend la canne à Julien pour le pool suivant. Il est plus profond. Rien sur le radier de fin où je fais pourtant toujours une petite à la mouche lors de la belle saison. Julien fait plusieurs passages sur le milieu du courant. Touche, il attend une seconde puis ferre. Bingo, il ramène une autre belle sauvage de moins de vingt centimètres !

Nous la remettons à l'eau après quelques rapides photos.

En lui montrant comment lancer plus loin et comment maintenir sa canne pour une dérive à longue distance, je fini par accrocher dans l'aulne. Je vais décrocher.

Je lui explique qu'il y en a une belle de plus de trente dans les racines.

C'est alors le moment de luis monter comment passer sa ligne à travers les branches pour tenter à travers la ripisilve touffue. Je réduis la bannière à ras de l'indicateur puis avance doucement en faisant attention à ce que chaque branche n'accroche pas la ligne. Je laisse ensuite descendre le montage dans le courant devant les racines. Je reprend contact. Touche, ferrage. Pendu. C'est bien une belle de plus de trente. Je la laisse se débattre, la tête hors de l'eau. Une fois calmée, je pose alors la canne sur la berge et descend pour aller la décrocher.

C'est une parfaite démonstration.

Julien fais plusieurs images.

Je peux la décrocher pour la laisser repartir.

J'explique à Julien la supériorité des cannes à fils intérieur dans ce cas là.

C'est à lui de tenter le prochain poste encombré. Il peux se confronter à la difficulté du maniement des grandes cannes dans un si petit espace. Pas de touche.

Je tente le poste au dessus mais je n'aurais pas de touche non plus.

Il essaie le suivant qui a a peu près la même configuration mais il accroche. Je vais décrocher et nous tentons le dernier poste. Du haut de la berge en surplomb, nous pouvons voir une belle dévaler. Elle nous aura vu avant que nous puissions la tenter. Je peux ainsi mettre en application l'explication du conne de vision des truites cité plus tôt.

C'est la fin du parcours. Nous retournons à la voiture, heureux de cette initiation réussie de pêche au toc.