Après mes cours du matin, un passage chez le garagiste, je retourne dans les marais de Calais.

Cette fois les températures ont remonté. Il fait sept degrés.

Je commence sous le pont où j'ai manqué de nombreuses fois un brochet d'environ soixante centimètres. Je commence en amont à la mouche mais il ne réagit pas.

Je fais le tour et passe au poisson nageur. Rien !

Je change pour un articulé plus gros de onze centimètres. Toujours rien !

Je fixe une cuiller numéro cinq et lance en amont de son poste. Je ramène, fébrile. Tape, ferrage, manqué ! M ! … Cet hiver, celui-là, cela doit faire six fois que je le manque !

C'est donc la cuiller qui fonctionne aujourd'hui.

Je descend plus en aval pour faire le parcours aval.

Nouvelle tape mais lui non plus ne se pique pas. Ils sont décidément tatillons. Cela va être difficile. Il ne montera pas non plus sur d'autres leurres.

Aujourd'hui le vent est faible et ne gêne pas les lancers. Je continue d'envoyer ma cuiller vers l'amont. J'ai un autre arrêt mais je ne peux dire avec certitude si c'est une touche ou un obstacle. La rivière est pourtant propre. J'insiste mais rien.

En rejoignant la voiture, j'ai droit à une éclaircie. Le soleil pointe timidement son nez. La prairie humide est alors éclairée d'une pâle lumière.

J'en profite pour lire mon thermomètre. Il affiche sept degrés. C'est peu mais bien plus que les moins un de la dernière sortie. Les brochets vont peut-être profiter de ce redoux.

Cela me motive. Je gare la voiture, prend mon long lancer léger et le monte en avançant vers le pont. Je descend prudemment afin d'être au même niveau que l'eau. Je lance vers le milieu du pool. Je mouline lentement, concentré sur la future touche. Rien, le petit, relâché lors de la dernière sortie n'est pas là. Je jette plus en amont où Céline avait touché le plus beau. Je récupère, bim ! Belle cartouche ! Je répond pas un ferrage énergique. C'est déjà lourd et il appuie de tout son poids. Vu la la défense, il fait plus de soixante ! Ma grande canne permet de contrer facilement chacun de ses départs. Il suffit qu'il n'aille pas dans les ronces à droite ou a gauche. Il me rassure en préfèrant rester dans le profond du poste. Il s'y fatigue. Le frein crisse à chacun de ses nouveaux départs qui sont de moins en moins puissant. Je réussi à le ramener à les pieds. Victoire !

Je descend dans la rivière pour aller le chercher. Et faire les premières photos.

Je le mesure : soixante sept centimètres. Quel bonheur !

Je suis enchanté.

Ma cuiller numéro cinq allégée à fonctionné à merveille. Elle est parfaitement adapté à cette petite rivière ou le fond à du mal à dépasser le mettre.

Avant de décrocher la cuiller piquée au bord des lèvres, je tente maintenant un selfie.

C'est fait, je peux maintenant lui dire adieu.

Quel bonheur, je descend plus bas sur le parcours.

Je tente le virage où j'ai relâché le gros de soixante dix huit. Rien. Je jette sur le virage plus en amont sous les saules. Touche. Je ferre et peux rapidement sentir que c'est beaucoup plus petit. Il doit mesurer moins de cinquante centimètres. Je met fin rapidement à sa défense nerveuse afin de le relâcher rapidement.

Quarante six centimètres.

Au revoir petit ! Prend garde à toi.

Il avait une cicatrice en pointe sur la tête. Il avait donc déjà évité une attaque d'oiseau.

Je continu de descendre plus vers l'aval.

Rien.

Je surprend le martin pêcheur qui file vers l'amont. Ce que cette « flèche bleu électrique » est rapide !

Je monte vers le virage plus en amont. Rien non plus.

Il est dix sept heure quinze, le froid retombe sur le marais.

J'ai pris deux brochets, je suis comblé.

Je décide de rentrer.