Cela faisait plusieurs mois que Céline m'avait sollicité pour une partie de pêche.

Je lui ai proposé une sortie au brochet dans les marais de Calais.

Je lui donne rendez-vous au pont. Étant en avance je vais tenter sous un autre pont ou j'en ai déjà raté un plusieurs fois.

Je commence au poisson nageur neuf centimètres. Rien devant. J'avance afin de lancer sous le pont. Rien sur la fin du pont. Je lance loin sous le pont, ramène lentement. Rien à gauche. Je le sais à gauche. Je lance à gauche. Touche au bout de quelques tours de manivelle mais je ferre dans le vide ! Hargh ! Encore raté. Décidément, il est très éduqué celui-là !

Le temps est gris et les températures très basse. Je regarde mon thermomètre : moins un degré ! La pêche va être difficile.

J'ai un message de Céline me prévenant de son arrivée. Je rejoins la voiture pour aller sur le pont plus en amont.

Je gare ma voiture derrière la sienne.

Je commence par lui demander ses souhaits. Elle me dit ne rien savoir et vouloir tout apprendre.

Je commence par une revue de matériel. De la canne à mouche en passant par les lancers, ultra-léger, léger puis lourd. J'ai aussi dans ma voiture ma canne casting.

Nous passons aussi rapidement en revue les boites de leurres. Je lui explique rapidement la différence en justifiant mes choix du jour.

Nous nous dirigeons vers le pont où je connais au moins un brochet pour l'avoir déjà relâché.

Je lui choisis le lancer ultra-léger qui sera plus confortable et parfaitement adapté au petit Rapala articulé. Je lui montre la gestuelle du lancer et lui passe la canne. Elle apprend vite. A la quatrième tentative, son leurre pêche.

Viennent ensuite les explications sur la vitesse de récupération.

Il faut maintenant lancer plus loin pour avoir des chances de toucher un brochet. Ce n'est pas facile car il y a des ronces de part et d'autre de la berge. Plus à droite, plus à gauche. Elle y parvient et c'est la touche au cinquième jet. Je la bombarde de conseil afin d'assurer la prise ! L'anti retour est bien enclenché, le frein bien réglé. Le brochet se débat vigouresement mais il est bien piqué à la comisures des lèvres par le triple médian. Il suffit alors de mouliner pour le faire venir à nos pieds.

C'est fait au bout de quelques minutes.

VICTOIRE !

Je fais plusieurs images en répondant à ses questions sur la morphologie et les couleurs.

Nous prenons le temps de l'admirer. Je fais encore des photos, cette fois avec le leurre coloré ce qui met du contraste dans les images. Je lui explique comment le tenir afin de monter l'arrière plan avec la rivière.

Nous sommes ravis.

Je réponds à toutes ses questions qui fusent.

Je lui explique maintenant comment tenir le carnassier pour faire des photos de tout à la fois, notamment avec la pêcheuse. Je me rend compte que c'est l'une des première fois que je suis avec une pêcheuse au bord de l'eau.

Presque parfaite, le bonnet assure la touche de couleur et le sourire en dis long sur le bonheur du moment !

Je m’aperçois que Gilbert (mon guide de pêche Canadien) avait raison : c'est encore plus fort en émotion de faire réussir les autres !

Viens le temps de la remise à l'eau.

Elle fait preuve d'une douceur en le caressant qui me touche. …

Je la félicite chaleureusement !

Je lui explique que sur les bons postes il y a parfois plusieurs poissons. Il faut donc tenter encore.

Elle ne parviens pas à maîtriser les lancer droits. Je lui lance son leurre. Je lui rend ensuite la canne. Au deuxième essaie elle a nouvelle touche. Je peux alors voir un beau brochet de près de soixante dix centimètres faire volte face et se décrocher. Elle n'a pas ferré et bien sur, le vieux roublard en en profiter pour le faire la male ! Je lui explique notre erreur et lui apprend a ferrer.

Nous tentons d'autres lancers puis d'autres leurres mais il ne remontera pas. Je parviendrais seulement à mettre une cuiller dans les ronces.

Nous partons tenter notre chance plus en aval.

Cette marche nous réchauffe. Je continue à lui expliquer le biotope du marais.

A la faveur d'un rayon de soleil, je prend d'autre photos.

Rien plus bas.

Ici la rivière et plus dégagée et je peux pêcher à la mouche. Je lui montre les rudiments et les différences.

Nous continuons de monter et pêchant les postes que je sais occupés. Rien.

Je lui fais monter une cuiller en lui expliquant les différences.

C'est plus complexe à gérer car la cuiller coule. Le poisson nageur flottant, lui laissait le temps de gérer le rabat du pick-up et la mise en position de la canne pour la récupération. Elle ramène ainsi trop d'herbe mais aime bien sentir les vibrations de la cuiller dans la canne.

Je lui en dit plus sur ce leurre, puis change son Alia numéro deux pour une cinq plus adaptée à la pêche de ses gros carnassiers. Elle vibre beaucoup, ce qui lui plaît d'autant plus. C'est par contre toujours aussi difficile à gérer. Il faut maintenant pêcher canne haute.

Je continue de répondre à ses nombreuses questions et à lui expliquer les différentes techniques de pêche du brochet ainsi que les différents leurres.

La cuiller ne donne rien sur les deux pool suivants. Je la fait changer pour le petit poisson nageur.

Sans lancer, en bougeant moins, j'ai pour ma part de plus en plus froid. Il y a maintenant un rideau de nuage sur le pâle soleil. Il est seize heure vingt, j'ai de plus en plus froid.

Nous avons fait tous les postes que je savais occupé, nous décidons de rentrer.

Nous rejoignons la voiture. Je suis frigorifié mais profondément heureux !